Pas de lien clair entre le Nutri-Score d’un produit et son prix, conclut une étude


AFP le 19/03/2026 à 15:30

Le prix d'un produit alimentaire ne tend pas à évoluer dans un sens ou dans l'autre selon que son Nutri-Score soit plus ou moins bon, constate une étude publiée jeudi, en concluant que ce système n'aggrave pas les inégalités de santé.

« Cette étude a mis en évidence qu’il n’existait pas de tendance claire entre le NutriScore et le prix des produits », conclut ce travail réalisé par des chercheurs de l’agence Santé publique France (SpF) et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

Le Nutri-Score est un système qui note de « A » – la meilleure évaluation possible – à « E » la qualité d’un aliment sur le plan nutritionnel. Il est présent dans les rayons sur de nombreux produits mais, que ce soit en France ou à l’échelle de l’Union européenne (UE), il n’est pas obligatoire pour les industriels.

Les auteurs de l’étude, qui n’a pas encore été publiée dans une revue scientifique indépendante dans l’attente d’analyses complémentaires, se sont penchés sur une hypothèse, notamment relayée par les opposants du Nutri-Score, qui voudrait que les produits les mieux notés soient plus chers.

Cette hypothèse se base essentiellement sur deux idées : cela coûterait plus cher de changer la recette de certains produits pour relever leur note, et un bon score serait en soi un argument de vente poussant les producteurs à augmenter leurs prix.

L’étude, qui s’est penchée sur près de 30 000 produits alimentaires vendus entre 2020 et 2023 sur les sites internet de grands distributeurs – Auchan, Carrefour, Leclerc… -, ne fait donc pas ce constat : « Les produits mieux notés (A, B) ne sont pas nécessairement plus chers que les autres », selon ses auteurs.

Certes, c’est le cas pour certaines catégories de produits : certaines céréales pour le petit-déjeuner, le jambon blanc, les produits panés, les soupes de légumes… Mais ce constat est compensé par une tendance inverse pour d’autres produits, comme les yaourts aromatisés ou les sauces pour les pâtes.

« Ce résultat apparaît crucial car il permet de confirmer que le Nutri-Score ne contribue pas à aggraver les inégalités sociales de santé », conclut les auteurs.

Ils notent néanmoins un biais potentiel : les marques de distributeurs sont plus enclines à afficher un Nutri-Score. Or, leurs produits sont, en général, moins chers que ceux des grandes marques.