Nette baisse des installations agricoles, surtout chez les plus de 40 ans
TNC le 05/03/2026 à 17:53
Les installations agricoles enregistrent leur plus fort recul en huit ans, selon les derniers chiffres que vient de dévoiler la MSA. Celles dites « tardives », au-delà de 40 ans, et ne résultant pas de transfert entre époux, montrent un repli encore plus marqué.
– 7 % : la diminution des installations en agriculture n’a pas aussi importante depuis 2018. Elles ont certes diminué de – 6,7 % en 2020 suite à la crise sanitaire, accentuant la tendance baissière engagée, moins prononcée cependant (- 2,8 en 2018 et – 3,7 % en 2019), mais le rebond naturel post-Covid (+ 11,2 %) s’est poursuivi, dans une bien moindre mesure l’année suivante (+ 1,6 %), avant qu’elles ne reculent à nouveau de – 3,6 % en 2023. Le repli de 2024 est donc deux fois plus fort que les baisses les plus nettes observées en 2019 et 2023.
Il est quasiment du même niveau que la chute consécutive à la pandémie. Ainsi, selon la MSA, 12 661 chefs d’exploitation se sont installés en 2024, soit près de 1 000 de moins que l’année d’avant. Le recul constaté concerne surtout les installations agricoles tardives : le nombre d’installés de moins de 40 ans diminue de – 3 % mais celui de plus de 40 ans de – 15,3 % (hors transfert entre époux) ! Désormais, les premiers représentent 70,8 % des installations et les seconds 26,2 %.
Repli global de – 7 % et de – 15 % au-delà de 40 ans
Or depuis 2019, les installations au-delà de cet âge étaient plutôt en augmentation avec un pic après Covid à près de 15 %, les progressions variant de + 0,8 % à + 7,4 % selon les années. Elles n’ont malgré tout pas retrouvé leur niveau de 2019, auquel elles restent inférieures de — 5,4 %. De même que les installations plus précoces mais qui n’ont, elles, régressé que de — 2,1 %. Sur 10 ans (2014 à 2024), celles-ci se sont toutefois repliées plus nettement (500 en moins contre 200 pour les plus de 40 ans).
L’Occitanie (15,3 % des installations), la Nouvelle-Aquitaine (15,1 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (14,4 %) sont toujours dans le peloton de tête, concentrant à elles seules près de la moitié des installations (près de 2 000 dans chaque région). Dans les deux premières, le nombre d’installés baisse néanmoins, de -19,3 et — 7,7 % respectivement. Le Grand Est bénéficie également d’une bonne dynamique, avec un peu plus de 1 000 installations, devant les Pays de la Loire (972), la Normandie (912), la Bretagne (859), les Hauts-de-France (784), la Bourgogne-Franche-Comté (752), le Centre-Val de Loire (526) et l’Île-de-France (295).
Quant aux départements, les Yvelines arrivent en tête (+ 127,3 %) suivies des Alpes-Maritimes (+ 80,4 %), puis de la Marne et de la Manche (15,4 et 15,2 %). En bas du classement : les Pyrénées-Atlantiques (- 21,8 %), la Haute-Garonne (- 28,4 %) et le Gers (- 34,6 %). Côté statut juridique, peu de changements non plus : les formes sociétaires demeurent privilégiées – par 56 % des nouveaux installés, un chiffre stable depuis 2012 (mais que 47 % des plus de 40 ans) – notamment les Gaec (24 %) et les EARL (15,6 %).
Seuls 25 % des nouveaux installés sur plus de 57 ha
Sans grande surprise également, la surface moyenne d’installation continue de croître pour atteindre 37,1 ha, l’équivalent de 6,5 ha supplémentaires depuis 2000. Pour autant, 50 % des jeunes installés exploitent moins de 22 ha et seulement 25 % plus de 57 ha. Ceux dont l’installation est tardive ne disposent que de 22 ha en moyenne, la moitié moins de 9 ha. Alors qu’il progressait depuis presque 15 ans, passant de 30,6 % en 2010 à 43,2 % en 2023, le taux de pluriactivité a perdu 1,4 point en un an. Près de 4 nouveaux installés sur 10 sont pluriactifs, davantage les hommes que les femmes (40,7 % versus 36,5 %) et les plus de 40 ans (48,3 %), principalement en grandes cultures (64,8 %).
Le taux deféminisation des installations agricoles est, lui aussi, descendu d’un point pour s’établir à 39,1 %. La part d’agricultrices nouvellement installées régresse très légèrement (- 0,6 %) mais reste au-dessus de 33 %. Elle s’érode plus fortement chez les plus de 40 ans (presque — 10 points en 8 ans) pour finir à 49 %. Globalement, la superficie moyenne d’installation (27,4 ha) est plus faible, de 10 ha, que celle de leurs homologues masculins.
Une première depuis 2020, les départs d’exploitants agricoles sont en régression : — 13,7 %. Pour autant, le taux de renouvellement des agriculteurs subit une légère diminution : de 3,4 à 3,2 %. Le taux de maintien dans l’activité reste constant, autour de 77 %. Il est bien plus élevé pour les jeunes (84,8 %) que les plus de 40 ans (63 %), sachant que les départs en retraite sont inclus dans les arrêts. Le plus haut correspond aux jeunes éleveurs (< 40 ans) de vaches laitières (91,8 %) et de bovins viande (91,7 %). Viennent ensuite les polyculteurs et polyéleveurs (91,4 %), les céréaliers (91,1 %), les autres producteurs de gros animaux (89,5 %) et de bovins mixtes (88,7 %).