Moyen-Orient : «Si la guerre dure, il faudra renégocier les accords commerciaux»


AFP le 13/03/2026 à 10:42

Une guerre durable au Moyen-Orient fera augmenter les coûts de production et nécessitera sans doute de renégocier les accords commerciaux entre distributeurs et industriels, qui viennent d'être signés, a averti vendredi Michel-Édouard Leclerc.

« Si la guerre au Moyen-Orient dure, eh bien c’est sûr qu’on va être obligé de renégocier les accords commerciaux qu’on vient de renégocier. Et si ça ne dure pas, (…) ce sera rattrapé par des petits addendum au contrat », a déclaré sur RTL le président du comité stratégique des centres E.Leclerc. Il avait déjà estimé mercredi que si le conflit durait, « tous les industriels qui ont signé ces contrats vont essayer de revenir nous voir pour nous demander de renégocier ».

Ces négociations annuelles, qui ont eu lieu dans un climat tendu, se sont achevées le 1er mars. Le ministre du Commerce Serge Papin avait évoqué, à l’issue, une augmentation des prix en rayons de « 0 à + 1 % ». Michel-Édouard Leclerc avait lui anticipé « 1 à 1,5 % d’inflation sur l’année », tous produits et services confondus.

« Pour le moment, ce n’est pas caduc. Si ça dure, il y aura certainement des renégociations », a-t-il dit vendredi. Le prix du transport « va augmenter », et « chez les agriculteurs, tout ce qui est à base de chimie, les intrants vont augmenter, tout ce qui est importé va augmenter. Et donc il va y avoir, dans des secteurs économiques, des tentations de prendre la mise ».

Interrogé sur la possibilité que les prix en rayons grimpent aussi vite que ceux de l’essence, il a répondu : « oui, tout peut augmenter et s’aligner sur ce qui coûte le plus cher ». Michel-Édouard Leclerc, qui avait anticipé une baisse d’à peu près 30 centimes le litre de carburant à la pompe d’ici à vendredi, a précisé que « le prix est changé au moment où la cuve est changée », pour expliquer que les prix restent élevés dans certaines stations-service Leclerc, « ça ne se fait pas partout en même temps ».

Une réunion à Bercy jeudi sur le sujet s’est achevée sans décision. L’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait évoqué l’idée d’un « plafonnement des marges » ou des mécanismes permettant de « lisser les hausses et les baisses » des prix.