Moyen-Orient : les doutes grandissent sur les marchés mondiaux, le pétrole remonte légèrement
AFP le 09/04/2026 à 10:20
Le soulagement généralisé sur les marchés marque un coup d'arrêt jeudi, les investisseurs renouant avec la prudence face aux doutes quant à la solidité du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis, sur fond de frappes au Liban et de reprise des prix du pétrole.
La trêve fragile entre l’Iran et les Etats-Unis est entrée jeudi dans sa deuxième journée, la communauté internationale s’inquiétant que les frappes meurtrières d’Israël sur le Liban n’enrayent tout le processus. Ces frappes font peser un « grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d’une paix durable et générale dans la région », a affirmé dans la nuit le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, via un communiqué de son porte-parole.
« La trêve de quatorze jours conclue entre les États-Unis et l’Iran se révèle être un accord très fragile », observe Andreas Lipkow, de CMC Markets. « Il était prévisible que les négociations et le maintien du cessez-le-feu s’avèrent très difficiles. La situation en Iran reste confuse ».
Le pétrole reprend sa hausse
Face aux « interrogations subsistant quant au cessez-le-feu annoncé mardi soir », les prix du pétrole repartent légèrement à la hausse, souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Vers 7h20 GMT, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, prenait 2,31 % à 96,94 dollars le baril, et le WTI, son équivalent américain, gagnait 2,88 % à 97,13 dollars le baril.
Dans le Golfe, l’Iran a poursuivi ses attaques de représailles au Koweït et aux Emirats arabes unis, qui entend exiger que l’Iran paye pour « les dommages et réparations ». Téhéran a dit avoir ainsi riposté à des frappes aériennes menées après la trêve contre ses propres installations pétrolières.
Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, a jugé « déraisonnable » le cessez-le-feu et des négociations avec les Etats-Unis, affirmant que trois des dix principes énoncés par son pays comme base de la trêve avaient déjà été « violés ».
« Dans l’ensemble, cela renforce les inquiétudes quant à la solidité de ce cessez-le-feu, d’autant plus qu’il ne s’agit que d’une trêve de deux semaines », rappelle M. Reid.
Les prix du pétrole et du gaz avaient chuté mercredi après l’annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, laissant espérer une reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures.
Le baril de Brent avait ainsi dévissé plus de 13 % et celui de WTI d’environ 16 %, retombant tous les deux sous la barre symbolique des 100 dollars.