Métiers agricoles : « On fait face à de nombreux préjugés »


TNC le 05/10/2026 à 11:01
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(© parilov, Adobe Stock)

« Il faut avoir baigné dedans, ce sont des métiers d’hommes, peu innovants, où on ne gagne pas sa vie » : au Space, des étudiants tordent le cou aux clichés qui perdurent sur les formations et les professions agricoles. Comme Élisa, qui veut prouver qu’une femme peut s’installer et réussir seule en élevage.

« Faut-il être issu du monde agricole pour suivre des études dans ce domaine ? Ne peut-on travailler que dans des fermes par la suite ? Les professions à la sortie sont-elles traditionnelles, non innovantes ? À quel niveau de salaire vous attendez-vous dans ce secteur ? »

Pour rendre plus interactive la rencontre entre des élèves de l’enseignement général du Grand Ouest et des étudiants en BTS ou écoles d’ingénieur agricoles, à l’Espace Jeunes du Space 2026, l’animateur leur a posé ces questions axées sur les principales idées reçues vis-à-vis des formations et métiers de l’agriculture et de l’élevage notamment puisque nous sommes sur un salon dédié aux productions animales.

« Mon entourage était surpris et inquiet »

« Faut-il être issu du monde agricole pour suivre des études dans ce domaine ? » : la réponse est apportée par les profils des étudiants venus témoigner, dont une bonne partie ne sont pas originaires de ce milieu. Leur choix d’orientation a d’ailleurs surpris leur entourage et l’a même inquiété, déclarent plusieurs d’entre eux.

« Quand on dit qu’on va s’orienter vers une formation ou une profession agricoles, on fait face à tous les préjugés qui collent à ces filières », relate Élisa. Parmi eux, le fait que ce sont des professions physiques, pénibles, « des métiers d’hommes quoi ! » Là encore les témoins présents prouvent le contraire : quatre filles pour trois garçons.

« À cause du sexisme, j’ai arrêté la mécanique »

Comme en répondant à cette interrogation – « Ne peut-on travailler que dans des fermes par la suite ? » – l’une étant commerciale en robots de traite, un autre dans le secteur des espaces verts, etc. « Grâce au réseau des anciens élèves, on trouve facilement des stages et un emploi », fait remarquer l’un des étudiants, de l’École supérieure des agricultures (Esa) d’Angers.

Margot, elle, était intéressée par la mécanique agricole mais elle a cherché longtemps un apprentissage en raison des stéréotypes de genre qui ont finalement eu raison d’elle. Les remarques et comportements sexistes l’ont poussée à changer de voie.

Motivations, attentes, visions du métier… L’Espace Jeunes donne la parole aux étudiants en formation agricole. (© Terre-net Média)

« Des robots de traite dès les années 90 ! »

« Les professions à la sortie sont-elles traditionnelles, non innovantes ? » Non, bien évidemment ! « Les tracteurs sont passés à l’ADBlue avant les voitures », rappelle un étudiant. « Nous commençons juste à robotiser notre quotidien alors que les robots de traite sont arrivés dans les années 90 ! Aujourd’hui, les bâtiments d’élevage, l’alimentation du troupeau, sont connectés. »

Une multitude de paramètres sont mesurés en continu : le temps d’ingestion, de rumination, l’activité physique… L’IA est déjà utilisée depuis quelque temps, par les robots de traite en particulier pour repérer d’éventuelles vaches malades par exemple », détaille Margot. Avant d’ajouter : « Cela ne remplacera jamais l’œil avisé de l’éleveur. »

« 2 000 €/mois en début de carrière, ça existe »

« À quel niveau de salaire s’attendre ? » Dans l’agricole et en élevage surtout, on ne gagne pas sa vie, on l’entend continuellement. Mais pas dans tous les postes, rétorquent certains étudiants déjà entrés dans le monde du travail. Ainsi, un commercial en début de carrière peut être payé près de 2 000 € net par mois. Bien sûr, il faut être « motivé, impliqué et ne pas rechigner à la tâche », met-il en avant.