Mercosur : La filière viande dénonce un grave « sacrifice »


TNC le 09/01/2026 à 16:52
FDSEA60

(© FDSEA 60)

Dans un communiqué de presse, l’interprofession du bétail et de la viande déplore l’opposition de façade du gouvernement français à l’accord UE-Mercosur, qui conduit au « sacrifice » de nos filières agricoles.

À Beauvais, les trompettes des tracteurs sonnent comme un glas à l’approche des ronds-points : une majorité qualifiée de pays européens a voté en faveur du traité de libre-échange UE-Mercosur, ce vendredi 9 janvier. Fumier devant les préfectures, pneus incendiés… Un peu partout en France, les mobilisations redoublent de force alors que l’opposition de la France, associée à celle de la Pologne, la Hongrie et l’Irlande n’ont pas suffi à renverser la balance.

En arrière-plan, les institutionnels sont vent debout. Interbev n’a pas peur des mots, et parle de « sacrifice » sur « l’autel de la guerre commerciale ». Un choix « inacceptable », qui fragilise la souveraineté alimentaire française. De son côté, le président de la FNB Patrick Bénézit mentionne un « accord toxique » sur les réseaux sociaux, alors que la FNSEA consulte actuellement son réseau pour étudier les suites à donner aux mobilisations. Du côté de la Coordination rurale, Bertrand Venteau a tenu à remercier ses troupes, mobilisées pour « pouvoir vivre dignement de leur travail ».

Une opposition de façade de la part de la France

Tous regrettent le positionnement ambigu de la France, reprochant une manœuvre politique plutôt qu’une véritable posture de fond.

Le véto de la France « était mobilisable en temps voulu, lorsque l’unanimité s’imposait encore. Il n’a pas été activé. Elle aurait également pu saisir la Cour de Justice de l’Union européenne, afin de contester la base juridique de l’accord », détaille Interbev.

Aucune mesure miroir n’est en capacité de nous protéger

Si les agriculteurs ont pourtant obtenu des garanties, à travers des clauses de sauvegarde, l’interprofession les juge illusoires. « Leur activation n’interrompt pas les importations, mais ouvre une enquête longue et strictement récréative, une fois le déséquilibre installé. Sans mesures miroirs juridiquement contraignantes, cette clause relève avant tout de l’affichage politique ». « Aucune mesure miroir n’est en capacité de nous protéger. C’est ce que nous disons depuis des années », abonde Patrick Bénézit sur les réseaux sociaux.