Marché des céréales : le blé américain souffre de la concurrence


AFP le 21/10/2026 à 18:00
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Les frappes en mer Noire ralentissent fortement les exportations de blé de la Russie et de l'Ukraine, ce qui génère une demande accrue pour le blé français, roumain, bulgare, balte et allemand. (© dechevm, AdobeStock)

Des exportations décevantes pour le blé américain ont pesé sur le marché des céréales à Chicago ces derniers jours, pesant aussi quelque peu sur le marché européen, qui résiste toutefois grâce à un report des achats des clients habituels de l'Ukraine et la Russie.

« Deux marchés à l’opposé » pour le blé, déclare à l’AFP Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage : « en Europe, on a une forte demande, par exemple pour le blé français », tandis que « le blé américain, lui, souffre de son manque de compétitivité ».

Le cours de la céréale du pain, sur le marché de Chicago, a reculé, à 6,43 dollars le boisseau (27 kg) mardi soir, contre 6,68 USD une semaine auparavant (- 3,74 % sur la semaine et – 10 % sur un mois).

Sur Euronext, la tonne de blé, échéance décembre, s’échangeait 238 euros mercredi, contre 247 euros sept jours auparavant (- 3,64 %, stable sur un mois).

Mais la prime pour les achats physiques, avec chargement des navires au port de Rouen, grimpe. « Pour avoir de la marchandise sur les bateaux, il faut payer un peu plus cher » que le marché actuellement, explique Damien Vercambre.

Mardi, le marché bruissait d’achats importants (cinq à huit bateaux) de blé français par l’Égypte, qui en est un gros importateur.

Les exportations russes et ukrainiennes restent périlleuses en raison des frappes en mer Noire, par où transitaient les navires de ces deux puissances céréalières.

Il y a donc une demande supplémentaire pour le blé d’autres pays, dont profite l’Europe (Roumanie, Bulgarie, États baltes, Pologne, Allemagne et France) mais beaucoup moins les États-Unis, pénalisés par leurs prix.

Concurrence de l’Argentine et de l’Australie

Les opérateurs espèrent un déblocage de la situation sur cette artère maritime essentielle pour l’exportation mondiale de céréales, de ressources énergétiques et de matières premières pour l’industrie, en vain pour le moment.

Le blé américain va par ailleurs être confronté très vite à la concurrence des productions d’Argentine et d’Australie, qui récoltent en décembre.

« L’Australie devrait bien s’en sortir, malgré l’effet négatif du phénomène climatique d’El Niño (plus de sécheresse dans cette région du monde), au vu de ce que l’on voit pour ses récoltes d’orge et de colza », souligne M. Vercambre.

Quant à l’Argentine, « elle bénéficie du phénomène El Niño (plus de pluies dans cette zone) et a de bonnes perspectives de production ».

Le blé américain garde ses clients traditionnels (Amérique centrale, du Sud, un peu d’Asie), « mais il n’a pas bénéficié de la demande additionnelle qu’on a eue en Europe », à cause de son prix, ajoute le courtier de Inter-Courtage.

Quant au maïs, céréale phare des États-Unis, ses cours pâtissent toujours de la nette révision à la hausse des rendements dans le dernier rapport mensuel du ministère de l’Agriculture. Les fonds, qui avaient beaucoup acheté, vendent désormais.

De plus, « nous disposons d’éléments indiquant que la production d’éthanol (fabriqué avec du maïs, NDLR) est légèrement inférieure aux prévisions », indique à l’AFP Rich Nelson, chef de la stratégie au cabinet américain Allendale.

Récolte de maïs divisée par deux en France

A Chicago, le boisseau de grains jaunes (25 kg) valait 4,62 USD mardi, contre 4,82 USD la semaine dernière. Sur Euronext, la tonne échéance mars se négociait à 268,75 euros mercredi, contre 280,75 euros sept jours avant.

Les dégâts de la sécheresse et des canicules sur la production de grains jaunes en France, premier producteur de l’Union européenne, se confirment : la récolte est quasi terminée et elle est en chute de 50 %, à 7 millions de tonnes, a indiqué mardi la principale association de producteurs français, l’AGPM.

La France, qui exportait au sein de l’UE, va devoir importer quelque 800 000 tonnes pour sa consommation intérieure, selon FranceAgriMer.

Si les estimations d’exportations américaines sont décevantes pour le blé et le maïs, elles sont un peu meilleures pour le soja, ce qui atténuait sa baisse : le boisseau (27 kg) valait 12,48 USD mardi, contre 12,82 USD.

« La Chine effectue des achats et elle atteindra probablement les 25 millions de tonnes », selon Rich Nelson, qui précise que ces opérations sont toutefois déjà prises en compte par les marchés.

Sur Euronext, la tonne de colza échéance février s’échangeait à 539,25 euros mercredi, contre 559,75 euros.