Manifestations : quelles sont les attentes des agriculteurs mobilisés ?


TNC le 13/01/2026 à 16:10
tracteursfnseaJA

(© © TNC)

Après les tracteurs de la Coordination rurale entrés de force dans Paris la semaine dernière, ceux de la FNSEA Grand Bassin Parisien ont défilé aujourd’hui dans la capitale. Les syndicats demandent davantage que les premières mesures annoncées le 9 janvier par la ministre de l’agriculture, et restent vent debout contre l’accord UE-Mercosur. La Confédération paysanne poursuit notamment ses actions pour dénoncer l'accord, ainsi que la stratégie sanitaire de luttre contre la DNC.

Si les annonces d’Annie Genevard vendredi dernier se voulaient répondre en partie aux attentes de la FNSEA, elles n’ont pas satisfait le syndicat dont les représentants du grand bassin parisien ont manifesté dans Paris le 13 janvier. Contrairement aux tracteurs de la Coordination rurale, qui ont forcé les barrages des forces de l’ordre pour entrer dans la capitale, les 350 tracteurs venus d’Ile-de-France et des Hauts-de-France ont pu prendre place facilement sur la place aux abords de l’Assemblée nationale.

Simplification administrative, loi spéciale

Le syndicat a réitéré sa demande d’une « loi spéciale » pour régler les questions de « la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau », « un moratoire sur l’ensemble des sujets eau », la « suspension de la dernière version de la directive nitrates », et le maintien de la déduction pour épargne de précaution (DEP).

Si le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a rappelé son souhait d’un « changement de logiciel », valorisant davantage la production, qui ne pourra être obtenu qu’avec l’élection présidentielle, il a demandé des réponses urgentes, « dans les prochaines heures ou dans les prochains jours ». Certains sujets, comme le MAEC doivent être rapidement réglés. « L’azote, c’est maintenant, les épandages c’est dans un mois, un mois et demi », a-t-il insisté devant les agriculteurs présents.

La FNSEA s’impatiente également du retard dans la publication des décrets de la loi Duplomb. Sur cette question, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a assuré que la séance d’application des lois prévue le 11 février prochain comportera bien les décrets de cette loi.

Concernant les mesures urgentes, de nouvelles annonces sont prévues en fin de journée.

Opposition toujours unanime à l’accord UE-Mercosur

En parallèle, le syndicat entend continuer à se battre contre l’accord UE-Mercosur. Une mobilisation est prévue à Strasbourg le 20 janvier.

L’accord de libre-échange continue également d’alimenter la colère de la Confédération paysanne, qui s’insurge aussi des mesures annoncées par la ministre et « qui ne répondent qu’à la FNSEA », estime Fanny Métrat, porte-parole nationale du syndicat. Face à l’accord UE-Mercosur, la Conf’ entend « tout faire pour que le Parlement européen ne lâche pas » car c’est la première fois qu’il n’y a pas d’unanimité sur un tel accord à ce niveau-là, ajoute la porte-parole. 

Le syndicat reste également opposé à la stratégie d’abattage total mis en place dans le cadre de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse bovine, sur laquelle la ministre a fait peu d’annonces concrètes le 9 janvier. 

Même opposition à l’accord UE-Mercosur du côté de la Coordination rurale. Le syndicat a mené plusieurs actions dans les départements, principalement pour dénoncer le manque de contrôle sur les produits importés.