Syndicalisme

Main-d’œuvre, relations commerciales… La FNSEA alerte le premier ministre


TNC le 28/01/2021 à 16:37
La FNSEA a rencontré le premier ministre Jean Castex le 28 janvier. (©FNSEA)

La FNSEA a rencontré le premier ministre Jean Castex le 28 janvier. (©FNSEA)

À l’occasion d’un rendez-vous avec le premier ministre le 28 janvier, la FNSEA a mis l’accent sur le risque d’un manque de main-d’œuvre, comme l’année passée, en lien avec la crise sanitaire et la fermeture des frontières. D’autres sujets d’inquiétude ont également été évoqués, comme les négociations commerciales difficiles ou les produits phytosanitaires.

Dans le cadre d’une série de rendez-vous sur l’agenda social, le Premier ministre Jean Castex a reçu le 28 janvier les représentants de la FNSEA, aux côtés du ministre de l’agriculture et de la ministre du travail. À l’heure où la possibilité d’un nouveau confinement strict est sur la table, le syndicat agricole majoritaire craint d’être de nouveau confronté à une pénurie de main-d’œuvre saisonnière qui menacerait les récoltes du printemps. 

« Notre grosse inquiétude est sur la fermeture des frontières », a indiqué Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA et responsable du dossier emploi, à l’issue du rendez-vous. Un million de contrats saisonniers sont nécessaires chaque année en agriculture, dont une partie est pourvue par des travailleurs qui ne viennent pas de l’Union européenne. Et si l’année dernière, en plein confinement, l’appel national à la main-d’œuvre a permis de combler une partie du manque, c’est vraiment « la mise en place du protocole sanitaire qui a débloqué la situation avec l’arrivée de travailleurs étrangers », explique Jérôme Volle. Ce dernier espère donc que ces protocoles pourront, cette année encore, permettre l’ouverture des frontières aux travailleurs étrangers.

D’autres pistes ont également été évoquées avec Jean Castex, comme le renforcement des liens avec les écoles du supérieur, les universités, ou encore le développement de partenariats avec des secteurs d’activité qui aujourd’hui n’ont pas d’emploi à pourvoir.

Dans cette période difficile pour certaines activités économiques, la présidente de la FNSEA lance en tout cas un appel : « les agriculteurs ont besoin de vous. Nous avons des métiers méconnus, mais des qualités d’accueil, d’intégration, il y a de la place pour les travaux manuels, les chauffeurs d’engins, les caristes… Mobilisez-vous, venez, nous sommes prêts à vous accueillir ! », a-t-elle insisté.

Relations commerciales : le premier ministre prêt à hausser le ton

Autre sujet d’actualité que la FNSEA a porté auprès du ministre, celui des négociations commerciales. En effet, malgré une année 2020 plutôt faste pour les distributeurs, dont les ventes ont augmenté de façon importante pendant les confinements, ce sont essentiellement des demandes de déflation qui émanent des boxes de négociations.

« C’est incompréhensible, inadmissible, au moment où la hausse des prix des matières premières fait augmenter les coûts de production des agriculteurs », dénonce Christiane Lambert. Pour la présidente de la FNSEA, on assiste à « un double discours » de la part de certains distributeurs, notamment sur la volaille, les œufs, et la plupart des produits laitiers en dehors du lait UHT demi-écrémé. Si le ministre de l’agriculture a déjà haussé le ton vis-à-vis de la grande distribution, en amont du comité de suivi des relations commerciales prévu demain après-midi, « le premier ministre a dit que s’il le fallait, il s’exprimerait », indique Christiane Lambert.

Maintenir les moyens de production

Enfin, si Jean Castex a « salué l’engagement des agriculteurs pour aller vers les transitions », comme l’ont montré les demandes formulées dans le cadre du plan de relance agricole, la FNSEA a rappelé le « besoin de cohérence », indique Christiane Lambert.

Ainsi, le projet de loi Climat et le délit d’écocide ne doivent pas aller à l’encontre du travail des agriculteurs, qui travaillent avec l’imprévisibilité du vivant, ajoute-t-elle. De même, les incertitudes sur certains produits phytosanitaires menacent certaines productions alors que, parallèlement, le gouvernement ne cesse d’invoquer la souveraineté alimentaire. Des questions sur lesquelles le premier ministre s’est en tout cas avéré « très au fait des sujets de débats », note la présidente de la FNSEA.