Plan de relance

Les syndicats agricoles partagés entre satisfaction et déception


TNC le 04/09/2020 à 16:32
Le Premier ministre a annoncé le 3 septembre le contenu du plan de relance, contenu détaillé par le ministre de l'agriculture pour le volet agricole. (©capture d'écran / Gouvernement)

Le Premier ministre a annoncé le 3 septembre le contenu du plan de relance, contenu détaillé par le ministre de l'agriculture pour le volet agricole. (©capture d'écran / Gouvernement)

Si l’esprit du plan de relance, présenté le 3 septembre, est salué par l’ensemble des syndicats agricoles, la CR et la Conf’ déplorent un manque d’ambition et de moyens.

Annoncé le 3 septembre, le plan de relance pour l’économie française comprend un volet agricole que le ministre a présenté dans le détail. Des mesures diversement accueillies par les syndicats agricoles.

Lire : Plan de relance : à quoi vont servir les 1,2 milliard d’euros dédiés à la transition agricole ?

La FNSEA salue « un premier pas vers la souveraineté alimentaire »

Le syndicat majoritaire a réagi positivement au plan de relance, relevant plusieurs points de satisfaction. Premièrement, parce que le secteur agricole est intégré à part entière dans le plan de relance, et deuxièmement, parce que les moyens alloués sont conséquents. « Les attentes affichées figurent bien dans le plan, à une hauteur autorisant l’ambition », salue ainsi la FNSEA.

« Nous serons extrêmement vigilants à la traduction du Plan de relance dans les faits », précise tout de même le syndicat qui rappelle que « sans compétitivité, il n’y aura pas de souveraineté ».

La CR déplore « des miettes conjoncturelles »

La Coordination rurale n’a pas accueilli le plan de relance avec la même bienveillance : pour le syndicat, si l’on peut saluer des mesures, comme le plan protéines ou la relocalisation de l’alimentation, qui « vont dans le bon sens », « les objectifs annoncés ne sont pas en rapport avec le maigre budget qui sera consacré à l’agriculture : 1,2 milliard seulement sur ce plan de relance global de 100 milliards d’euros », développe la CR.

« Le gouvernement doit prendre en charge le désendettement des agriculteurs et inverser réellement la construction du prix agricole en partant, comme la logique le voudrait, du coût de production et en y ajoutant la marge nécessaire pour vivre dignement de son métier », poursuit le syndicat.

Pour la Conf, un trop « maigre pourcentage sur l’enveloppe des 100 milliards »

« Si les grands objectifs comme la souveraineté alimentaire ou l’installation-transmission sont bien cités, une politique de soutien et d’accompagnement massif des paysan.ne.s pour faire évoluer en profondeur notre agriculture fait défaut », déplore de son côté la Confédération paysanne.

Rechercher la souveraineté alimentaire, objectif reconnu prioritaire pour notre agriculture, passe par une sécurisation du revenu paysan, par une rupture avec le modèle libéral favorable à l’agrobusiness et par une réelle implication des citoyen.ne.s pour décider collectivement avec les paysan.ne.s, de l’avenir de notre modèle agricole et alimentaire », poursuit la Conf, qui demande au gouvernement d’accompagner ce plan de mesures de régulation des marchés.