Les magasins bio spécialisés se retirent de l’Agence Bio
AFP le 10/02/2026 à 17:20
Le syndicat des magasins spécialisés dans les produits issus de l'agriculture biologique a annoncé mardi se retirer de l'Agence Bio, missionnée par l'État pour promouvoir ce mode de production et menacée selon les distributeurs spécialisés de « démantèlement » par le gouvernement.
« Nous sommes convaincus que le démantèlement de l’Agence Bio est programmé », a déclaré à l’AFP la présidente de Synadis Bio, Christelle Le Hir, aussi présidente du directoire de La Vie Claire, dénonçant les « coupes budgétaires » subies par l’agence en 2025 et 2026.
Cette démission est un « message fort » envoyé à la ministre de l’agriculture Annie Genevard pour « essayer de sauver l’Agence Bio », menacée selon Mme Le Hir de voir ses missions réparties entre plusieurs organismes comme FranceAgriMer et l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao).
L’Agence Bio est chargée de promouvoir les produits issus de l’agriculture biologique, grâce à des campagnes de communication, mais aussi de produire des données sur ce mode de production (surfaces, installation, filières…). Elle administre aussi le fonds avenir bio, doté de plusieurs millions d’euros, destiné à soutenir des projets agricoles ou de transformation.
Synadis Bio représente des enseignes comme La Vie Claire, Biocoop, Naturalia, Accord Bio, soit 2 000 magasins qui réalisent environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, pèsent pour 40 à 50 % de la distribution bio en France et représentent 15 000 emplois. Synadis Bio faisait partie depuis deux ans du conseil d’administration de l’Agence Bio, qui rassemble tous les acteurs de la filière.
L’agence fait face depuis un an à des menaces de disparition, d’abord dans le cadre du budget 2025 puis de rapports parlementaires sur les économies à réaliser au sein des agences de l’État.
La structure a « survécu » mais « depuis un an, on a coupé drastiquement tous ses moyens (…) Il est urgent de continuer à accompagner l’agriculture biologique », s’est indignée Christelle Le Hir, qui dénonce aussi le changement imminent de direction de l’agence.
Les produits bio ont subi de plein fouet les années d’inflation et la consommation montre seulement depuis quelques mois des signes de reprise. Les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont reculé en France en 2024 et en 2023, à rebours des objectifs d’augmentation fixés par la loi.
La distribution spécialisée, qui se fournit à 85 % en France selon Christelle Le Hir, redoute de devoir aller se fournir à l’étranger si la production française devait se contracter, notamment sur des produits où il existe déjà des tensions d’approvisionnement comme les oeufs, le beurre ou la viande.