Les députés brésiliens approuvent l’accord UE-Mercosur, direction le Sénat


AFP le 26/02/2026 à 09:57

La Chambre des députés brésilienne a approuvé mercredi l'accord de libre-échange entre les pays latino-américains du Mercosur et l'Union européenne (UE), qui va désormais être débattu au Sénat.

« Le moment est venu pour le Brésil de confirmer sa vocation exportatrice », a déclaré le président de la Chambre basse, Hugo Motta, pour qui la première économie sud-américaine sera le « grand protagoniste » de la concrétisation de l’accord. L’accord UE-Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a été signé mi-janvier à Asuncion, après 25 ans de négociations, et le Brésil espère qu’il profitera à son puissant secteur agricole et d’élevage.

Le Parlement brésilien avait donné la « priorité » au vote en raison de la nervosité suscitée par l’annonce faite ce week-end par le président Donald Trump d’augmenter au niveau mondial les droits de douane américains, de 10 à 15 %, avec effet immédiat. Le texte a été approuvé à une large majorité. Seuls quelques députés de gauche s’y sont opposés.

L’accord Mercosur-UE doit créer une des plus grandes zones de libre-échange du monde, pesant 30 % du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs, entre les 27 États de l’UE et les membres du Mercosur. Il doit d’abord être ratifié par les parlements de chaque pays, ainsi que par le Parlement européen. Aucune date n’a encore été fixée pour le vote de l’accord UE-Mercosur au Sénat brésilien.

Le vote au Brésil reflète l’élan du bloc sud-américain. Le Sénat uruguayen a approuvé mercredi à l’unanimité l’accord, qui devrait être ratifié jeudi par la Chambre des députés. En Argentine, le texte pourrait être soumis à la Chambre haute cette semaine après avoir été approuvé par la Chambre basse.

Le Brésil, premier exportateur mondial de viande bovine, de café et de soja, entre autres produits agricoles, s’est efforcé de persuader les pays de l’Union européenne de signer l’accord. L’opposition à l’accord commercial est vive parmi les agriculteurs et les éleveurs européens, notamment français, qui affirment être menacés par l’arrivée de produits moins chers en raison de normes dans les pays du Mercosur plus laxistes.

Le Parlement européen, dans la lignée de certains pays opposés à l’accord, a saisi la justice sur la légalité du traité, suspendant ainsi son processus de ratification. Même si la Commission a dans l’intervalle le droit de l’appliquer provisoirement.