Les coopératives laitières appellent à rouvrir les négociations commerciales
AFP le 09/04/2026 à 15:55
Les coopératives laitières, qui collectent plus de la moitié du lait en France, ont demandé jeudi la réouverture des négociations commerciales avec les distributeurs face à la flambée des coûts de l'énergie.
Les grandes enseignes commercialisent aujourd’hui leurs produits, notamment sous les marques Soignon, Candia, Yoplait ou encore Paysan Breton, selon des grilles tarifaires négociées avant le début des bombardements en Iran.
« Dans un contexte marqué par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et la hausse continue des coûts de production, les coopératives laitières demandent la réouverture des négociations commerciales récemment conclues sur les marques nationales », indique la Coopération laitière (qui représente 240 coopératives d’éleveurs laitiers avec leurs outils de transformation) dans un communiqué.
Cette demande intervient plus d’un mois après la fin de négociations commerciales particulièrement houleuses avec la grande distribution, qui avait annoncé des hausses de prix contenues entre 0 et 1,5 % selon les enseignes. Les industriels avaient dénoncé des hausses insuffisantes pour couvrir leurs coûts de production.
La fin des négociations, habituellement organisées entre décembre et fin février, a coïncidé avec le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix du pétrole, du gaz mais aussi des emballages, des engrais et du gazole agricole.
Les coopératives « alertent sur les conditions négociées qui ne reflètent plus la réalité économique actuelle. La hausse rapide et durable des coûts de production, en particulier de l’énergie, se traduit directement pour les producteurs : l’augmentation d’environ 50 centimes d’euros par litre du prix du GNR (gazole non routier) représente + 11,5 euros par 1 000 litres de lait ».
« Ces inflations sont également significatives sur la transformation : de l’énergie aux coûts des matières premières, mais aussi pour l’accès aux marchés d’exportation », poursuit la Coopération laitière. Elle alerte également sur « les risques liés à l’ouverture des négociations sur les marques distributeurs (MDD) et appellent la grande distribution à la responsabilité ».
Les négociations pour ces produits vendus sous sigle des enseignes de distribution mais dont la production est souvent déléguée aux industriels, suivent les négociations pour les marques nationales.
Aucun acteur ne s’était jusque-là risqué à demander une reprise des négociations, après l’ambiance tendue de celles de l’hiver, mais le sujet avait déjà été évoqué par plusieurs distributeurs.
La filière laitière, qui peut habituellement se targuer d’avoir bénéficié des lois Egalim pour renforcer la rémunération des éleveurs, s’est trouvée en début d’année touchée de plein fouet par une baisse des prix du lait au niveau international.