Les amidonniers alertent sur leurs difficultés désormais structurelles


TNC le 02/10/2026 à 11:56
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(© © TNC)

Pour la deuxième année consécutive, le chiffre d’affaires de l’amidonnerie française a reculé. Le secteur souffre en effet d’un ralentissement de la demande et de coûts de production importants qui grèvent sa compétitivité et ses capacités à exporter, ont expliqué les groupes amidonniers le 1er octobre, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Usipa.

Fournisseurs de matières premières pour l’agroalimentaire, la santé, la papeterie ou encore le BTP, les amidonniers français valorisent à 97 % du blé, du maïs, de la pomme de terre féculière et des pois issus de champs français. En 2025, les usines ont ainsi transformé 16 % de la récolte de blé française, 25 % de la récolte de maïs et 16 % de celle de pommes de terre (hors exportations).

Néanmoins, le secteur accuse aujourd’hui un recul de son activité, alerte l’Usipa, l’Union des syndicats des industriels des produits amylacés, qui fédère les quatre groupes amidonniers implantés en France (ADM, Cargill, Roquette et Tereos). Le chiffre d’affaires de l’amidonnerie française a reculé de 6,5 % en 2025, s’établissant à 2,9 milliards d’euros, après un précédent repli en 2024.

Ce recul n’a rien « d’un simple ralentissement conjoncturel », pour l’Usipa, qui liste les causes de la baisse d’activité : une demande atone, avec une consommation qui n’a pas retrouvé le niveau d’avant l’inflation, des coûts de production plus élevés en France, et des investissements importants liés à la décarbonation. « La comparaison des coûts énergétiques en est un bon exemple : 70 €/Mwh en France, 20 € en Chine, 17 € aux États-Unis », souligne l’Usipa pour illustrer le déficit de compétitivité au niveau français.

Des volumes exportés en baisse

Cette perte de compétitivité a pesé sur les volumes exportés, qui ont reculé de 4,3 % en 2025, alors que les importations sur le marché français ont progressé de 55 % en cinq ans, rappellent les amidonniers. La part des produits importés reste encore faible, puisqu’ils représentent moins de 1 % du marché, avec 2,7 millions d’euros en 2025, mais la tendance haussière inquiète les industriels français.

« Nous avons aujourd’hui besoin de symétrie des règles, de soutien pour la décarbonation et de défense de notre souveraineté industrielle », insiste Kristell Guizouarn, présidente de l’Usipa. Au niveau européen, les accords commerciaux créent des ouvertures sur les produits amidonniers, alors que les distorsions de concurrence pénalisent déjà le secteur, dénonce l’Usipa. En parallèle, les efforts réalisés en matière de décarbonation et de sobriété hydrique, importants en France, ne sont pas valorisés par le marché, ce qui « pose la question du financement des nouveaux investissements », explique l’union de syndicats, qui appelle les pouvoirs publics à « un sursaut politique immédiat en faveur de la compétitivité industrielle ».