Les agriculteurs « laminés » par le manque de stratégie en Europe et en France
AFP le 20/01/2026 à 09:45
Les agriculteurs français se font « laminer » par le « manque de stratégie et de vision agricoles en Europe et en France », estime le président de la FNSEA Arnaud Rousseau dans une interview à paraître mardi dans le Figaro, appelant à « continuer le combat » contre le Mercosur.
Des centaines d’agriculteurs et de tracteurs doivent manifester mardi à Strasbourg, à l’appel du syndicat agricole, pour tenter de bloquer le traité de libre-échange UE-Mercosur, qu’ils voient comme une menace pour l’avenir de plusieurs filières.
« Nous continuons le combat car les mesures juridiques défendues par le gouvernement français ne sont pas satisfaisantes », estime Arnaud Rousseau. Ce traité représente « un réel risque de déstabilisation du marché pour les paysans européens ».
« Le manque de stratégie et de vision agricoles en Europe et en France fait que l’on se fait laminer, alors que nous avons des facteurs de production qui nous sont très favorables », déclare le président de la FNSEA, fustigeant notamment « les effets cumulés des traités européens de libre-échange sur nos filières. Sur certaines comme la volaille, où nous importons la moitié de notre consommation, cela a été un vrai facteur de fragilisation ». A cela s’est ajouté « la réglementation française » qui « a sur-transposé la réglementation européenne et a mis beaucoup de choses en oeuvre pour qu’on se fasse battre », poursuit-il.
Concernant la prochaine Pac 2028-2034, Arnaud Rousseau estime qu’« en l’état actuel des négociations, la baisse des crédits de la Pac pour la France serait encore de 13 % » et se dit peu convaincu par la promesse du gouvernement de compenser au centime près, jugeant que la loi d’urgence agricole promise par le Premier ministre d’ici l’été ne servira qu’à « parer au plus pressé ».
« Nous restons très préoccupés » et alors que les distributeurs, en pleine négociations commerciales, promettent des baisses de prix dans les rayons alimentaires, « nous serons extrêmement vigilants à ce que les coûts de production soient respectés », souligne Arnaud Rousseau.