Pac / Plan stratégique national

Le sujet de la gestion des risques inquiète


TNC le 30/03/2021 à 16:45
La prise en compte du sujet de la gestion des risques par les pouvoirs publics inquiète les organisations agricoles. (©Pixabay) 

La prise en compte du sujet de la gestion des risques par les pouvoirs publics inquiète les organisations agricoles. (©Pixabay) 

Alors que les effets du changement climatique soumettent les agriculteurs à davantage d’aléas, le traitement de l’assurance récolte et de la gestion des risques d’une façon générale, par le ministère de l’agriculture, ne satisfait ni les producteurs de grandes cultures, ni la Confédération paysanne, qui dénoncent un manque de vision politique.

Si le ministre de l’agriculture a confié au député Frédéric Descrozaille un rapport sur la gestion des risques agricoles et dont les conclusions doivent être connues aujourd’hui, la considération apportée au sujet ne satisfait pas les producteurs de grandes cultures de l’AGPB, l’AGPM, la CGB et la Fop. Dans un communiqué diffusé le 29 mars, les organisations regrettent notamment l’absence « d’orientations politiques précises et de simulations budgétaires concrètes sur ce sujet pourtant majeur dans le cadre de la mise en œuvre du second pilier de la Pac », alors que les discussions autour du plan stratégique national se font de plus en plus précise.

« Ces dispositifs sont pourtant un des seuls outils du second pilier de la Pac réellement accessible aux producteurs de grandes cultures pour permettre l’adaptation de leurs exploitations à la nouvelle donne climatique », rappellent également les associations.

La Conf’ propose un fond mutuel et solidaire

La Confédération paysanne a de son côté présenté ses propositions pour une gestion des risques permettant le développement de systèmes résilients, autour de deux piliers : renforcer la prévention et adapter les outils.

Le syndicat propose ainsi la création d’un fonds mutuel et solidaire, à la place du modèle de l’assurance privée subventionnée par la Pac, proposé aujourd’hui par les pouvoirs publics. Il ferait intervenir une diversité de contributeurs au nom de la sécurité alimentaire et de la solidarité tout au long de la chaîne, en assurant une mutualisation totale des risques.

Parmi les propositions de la Conf’, diffusées le 30 mars dans un document de quatre pages, figure l’adaptation de l’indemnisation au niveau de perte calculé par rapport à une référence de long terme. Par exemple, de 0 à 20 % de fluctuation de rendement, à la baisse ou à la hausse : couverture par les stratégies individuelles au niveau de la ferme (trésorerie, etc.) ; de 20 à 30 % de pertes : outils de lissage du revenu, épargne de précaution (en argent et en stock) ; de 31 à 50 % de pertes : fonds mutuel et solidaire à tous les acteurs de la filière ; de 51 à 100 % de pertes (état de catastrophe) : intervention publique renforçant le fonds mutuel et solidaire.