Betteraves

Le retour des néonicotinoïdes autorisé pour 120 jours


AFP le 06/02/2021 à 18:14
 Le texte prévoit des conditions d'emploi strictes et indique quelles cultures pourront être semées après des betteraves traitées aux néonicotinoïdes. (©CGB)

Le texte prévoit des conditions d'emploi strictes et indique quelles cultures pourront être semées après des betteraves traitées aux néonicotinoïdes. (©CGB)

Une autorisation valable 120 jours de mise sur le marché et utilisation de semences de betteraves à sucre enrobées d'insecticides néonicotinoïdes a été délivrée par le gouvernement dans un arrêté paru samedi au Journal officiel (JO).

L’arrêté, qui « entre en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel », stipule que « la mise sur le marché et l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam sont autorisées pour une durée de 120 jours à compter de l’entrée en vigueur du présent arrêté ».

Le texte prévoit des conditions d’emploi strictes, pour protéger les insectes pollinisateurs, les oiseaux et les mammifères sauvages, ainsi que l’eau et l’environnement. Il précise en outre quelles cultures pourront être semées, plantées ou replantées, après une culture de betteraves traitées avec des néonicotinoïdes en 2021. Sur les parcelles concernées, les cultivateurs pourront planter de l’oignon, du blé ou de l’avoine à partir de la campagne 2022, mais devront attendre 2023 pour la pomme de terre et 2024 pour le colza ou le tournesol par exemple.

La récolte de betteraves françaises a chuté de 30 % en 2020

Dans un communiqué, la Confédération générale des producteurs de betterave (CGB) s’est « réjoui » de cette réautorisation des néonicotinoïdes mais « déplore les fortes restrictions imposées sur les cultures suivantes », qui auront selon elle un impact sur « les bonnes pratiques agronomiques ». « Cette situation appelle un renforcement des connaissances scientifiques sur le lien entre agriculture et biodiversité », déclare-t-elle encore, se félicitant en outre de « la mise en oeuvre prochaine du dispositif d’indemnisation des pertes subies à cause de la pandémie ».

Le 10 décembre, le Conseil constitutionnel avait donné son feu vert à une loi qui stipule que « jusqu’au 1er juillet 2023, des arrêtés conjoints des ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement […] peuvent autoriser l’emploi de semences traitées » avec des produits contenant des néonicotinoïdes « dont l’utilisation est interdite en application du droit de l’Union européenne ou du code rural et de la pêche maritime ».

La récolte de betteraves à sucre en France en 2020 a chuté de 30 % par rapport à celle de la moyenne des cinq dernières années, tombant au plus bas depuis plus de 30 ans, après l’invasion d’un puceron vert vecteur de la jaunisse, que des traitements insecticides foliaires n’ont pas permis de résorber en l’absence de semences enrobées. La France est le premier producteur en Europe de sucre et de bio-éthanol. La filière betterave sucrière française concerne 25 000 agriculteurs et génère 46 000 emplois directs.