Le projet de loi d’urgence agricole privilégie l’agro-industrie, fustige la CP
AFP le 03/06/2026 à 10:11
Le projet de loi d'urgence agricole, adopté mardi en première lecture par les députés, privilégie l'agro-industrie au détriment de la majorité des paysans, a accusé la Confédération paysanne, rejointe sur ce point par Greenpeace et Générations futures.
Le troisième syndicat agricole, marqué à gauche, s’est dit dans un communiqué « scandalisé » de voir une majorité de députés « privilégier les lobbies de l’industrialisation de l’agriculture au détriment de l’intérêt de la majorité » des paysans et des citoyens. Ce texte est « déconnecté des urgences réelles du monde agricole, qui fait face aux aléas climatiques, aux crises sanitaires et aux conséquences délétères du libre-échange et de la compétitivité à tout prix », a-t-il poursuivi.
Il « assèche la démocratie de l’eau, acte l’accaparement de ce bien commun par les modèles agricoles les plus intensifs et risque d’aggraver les conflits d’usage », a abondé Julien Rivoire, chargé de campagne agriculture chez Greenpeace. Le document « accélère encore l’industrialisation de l’élevage, au détriment du climat, de la biodiversité, des paysans et paysannes et de l’intérêt général », a-t-il ajouté.
Ce texte « a échoué comme tous ses prédécesseurs, en particulier la loi d’orientation agricole et la loi Duplomb, à apporter les changements structurels nécessaires afin de répondre à l’urgence démographique, sociale, environnementale et sanitaire de notre agriculture », a pour sa part regretté l’ONG Générations futures.
Elle a dénoncé des propositions « à contre-courant de la construction d’un modèle agricole protecteur pour ses agriculteurs, résilient et respectueux de la santé et de la biodiversité ». Le texte a été voté par 369 voix contre 178. Le RN a apporté son soutien au gouvernement tandis que la gauche a unanimement voté contre.
Consécutif à la colère des agriculteurs l’hiver dernier, le projet de loi d’urgence agricole entend leur apporter des réponses concrètes sur de nombreux thèmes, allant de la question de l’accès à l’eau à la lutte contre la concurrence déloyale en passant par la lutte contre la prédation du loup.