Chicago

Le maïs lâche du lest après des exportations en berne


AFP le 17/09/2021 à 09:59

Les cours du maïs ont cédé du terrain jeudi après avoir bondi la veille, pénalisés par de très mauvais chiffres d'exportations, liés aux dégâts engendrés par le passage de l'ouragan Ida.

Le ministère américain de l’agriculture (USDA) a annoncé jeudi des exportations hebdomadaires jugées décevantes pour le marché. « C’était le chiffre le plus bas pour cette semaine de l’année depuis neuf ans », a commenté Rich Nelson, responsable de la stratégie chez le courtier Allendale. Les nouvelles ventes à l’exportation sur les sept jours allant du 3 au 9 septembre représentent moins d’un dixième (8 %) du total de la semaine précédente, selon l’USDA. 

« Durant cette période, il n’y a eu aucun progrès officiel quant à la situation des exportations dans le Golfe » du Mexique, a-t-il rappelé, plusieurs ports de la région de la Nouvelle-Orléans ayant été totalement ou partiellement paralysés.

La grande coopérative agricole américaine CHS a indiqué jeudi que son terminal d’exportation de Myrtle Grove (Louisiane), situé directement au sud de la Nouvelle-Orléans, serait opérationnel d’ici au pic des récoltes de maïs (octobre) et soja (novembre). Le site demeure privé de courant électrique depuis le passage d’Ida, il y a près de trois semaines.

L’antrachnose scrutée pour les maïs

Par ailleurs, toujours pour le maïs, les informations continuent de parvenir de fermiers en Illinois, qui font état de rendements plus faibles que prévus, plombés par des maladies, notamment l’antrachnose.

« Le problème », tempère Rich Nelson, « c’est que nous n’avons pas confirmation » par des chiffres officiels. « Et ces dernières années, on a appris qu’il faut attendre la moisson » pour avoir une idée plus précise des rendements. En effet, « on a constaté que la capacité des plantes à résister à des conditions climatiques défavorables est bien meilleure qu’auparavant », a-t-il ajouté, sans qu’aucun élément décisif ne puisse l’expliquer. Or l’antrachnose est provoquée par une forte humidité qui favorise le développement de champignons et le pourrissement.

Pour le soja, les chiffres d’exportation hebdomadaires se sont également affichés à un niveau inférieur à celui de la semaine précédente, mais dans de moindres proportions (baisse d’un peu moins des deux tiers).

Le prix de la légumineuse a ainsi mieux résisté, finissant légèrement en hausse, également grâce à l’annonce, jeudi, d’une commande chinoise de 132 000 tonnes.

Quant au blé, il est ultra-majoritairement exporté par d’autres ports que la Nouvelle-Orléans, principalement en Oregon et dans le Washington, et ne souffre donc pas des blocages logistiques de cette région. Son cours a légèrement progressé jeudi.

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en décembre a clôturé à 7,13 dollars contre 7,1225 dollars mercredi, en hausse de 0,10 %. Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre a terminé à 5,2950 dollars contre 5,3350 dollars la veille, en baisse de 0,74 %. Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en novembre a conclu à 12,96 dollars contre 12,9450 dollars, soit un gain de 0,11 %.

Pour suivre les évolutions des cours des matières premières agricoles, rendez-vous sur les cotations Agri Mutuel.