Le gouvernement se dote d’une nouvelle feuille de route sur l’alimentation et la santé


AFP le 08/04/2026 à 16:00

Le gouvernement a publié mercredi un document qui vise à orienter les politiques en matière d'alimentation et de santé au cours de prochaines années, avec l'ambition d'agir à un niveau plus collectif mais sans beaucoup de mesures contraignantes.

Les ministères concernés – Agriculture, Santé, Transition écologique… – ont publié, avec plusieurs mois de retard, leur « programme national nutrition santé » (PNNS), cinquième du nom.

Ce nouveau PNNS promet d’organiser jusqu’en 2030 les politiques publiques articulant alimentation et santé, même si son application concrète reste incertaine à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter.

Les précédents programmes ont, par ailleurs, fait l’objet de critiques quant aux leviers choisis. Fin 2025, l’Igas – agence gouvernementales chargée d’évaluer les politiques sociales – a ainsi reproché au PNNS 4, clos en 2023, de se focaliser sur « l’action sur les comportements » et non sur « l’action sur l’environnement alimentaire ».

Le nouveau PNNS répond en partie à ce reproche avec un certain nombre d’actions destinées à agir sur l’offre au consommateur : favoriser de meilleurs produits dans les distributeurs automatiques, réduire la teneur en sucre des aliments destinés aux enfants, éviter que des étals proposent des confiseries près des caisses de supermarché…

Les mesures restent néanmoins largement incitatives, via la mise en oeuvre de « chartes » avec les industriels et la grande distribution. Exception notable, un arrêté gouvernemental doit être pris pour mieux encadrer la composition des repas dans les établissements de petite enfance comme les crèches.

Le programme prévoit par ailleurs des mesures pour mieux inciter à l’allaitement et pour éviter la dénutrition des personnes âgées ainsi que des volets spécialement dédiés aux outre-mer. Il appelle aussi à élargir le Nutri-score, sans pour autant le rendre obligatoire.

Bientôt un 4e PNA

Ce plan avait vu sa publication retardée à la suite des multiples reports d’un autre document gouvernemental, la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), censé leur servir de cadre.

Finalement rendue publique début 2026, la Snanc avait longtemps été bloquée par des désaccords entre ministère de la Santé et de la Transition écologique, d’un côté, et de l’Agriculture, de l’autre, ce dernier défendant des formulations moins strictes sur la consommation de viande et les aliments ultra-transformés.

Le ministère de l’Agriculture a par ailleurs annoncé la publication imminente d’un quatrième « programme national pour l’alimentation » (PNA), se concentrant sur des enjeux non sanitaires comme le gaspillage.