Le cuivre a bonne mine, l’or de marbre et le cacao KO


AFP le 27/02/2026 à 16:45

Le cours du cuivre a progressé cette semaine, porté par le retour des principaux consommateurs de métaux en Chine après le nouvel an chinois la semaine passée.

« La prime du cuivre de Yangshan, un indicateur de la demande d’importation chinoise, est montée » et « suggère un intérêt en hausse des acheteurs » du pays affirment les analystes d’ING. « Cette amélioration de la demande intervient toutefois dans un contexte de stocks élevés », soulignent-ils, avec des réserves en hausse à la Bourse des métaux de Londres.

Au Shanghai Futures Exchange (SHFE), « les stocks de cuivre ont atteint un plus haut depuis 10 ans », note Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank.

Selon les analystes, cela laisse penser que le marché mondial du cuivre demeure bien approvisionné pour le moment, même si dans les prochaines années les experts estiment que le métal rouge pourrait connaître une pénurie d’offre.

Vendredi vers 15h10 GMT (16h10 à Paris), une tonne de cuivre coûtait 13.412,50 dollars sur le LME, contre 12.964 dollars lors de la clôture de la semaine dernière.

L’or dort

Le cours de l’or a marqué une pause cette semaine, soutenu par son statut de valeur refuge face au flou douanier et géopolitique, mais plombé par la perspective de taux d’intérêts américains élevés pour une période prolongée.

D’un côté, « le prix de l’or est soutenu par des crises géopolitiques telles que le conflit américano-iranien et la guerre en Ukraine », ainsi que « la nouvelle incertitude quant à la politique douanière américaine », remarque Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Washington et Téhéran mènent en effet des pourparlers tendus, perçus comme une ultime tentative pour éviter une intervention militaire américaine.

Par ailleurs, en invalidant vendredi dernier une partie des droits de douane mis en place par Donald Trump l’année dernière, la Cour Suprême a provoqué l’ire du président américain, qui a répliqué en instaurant depuis mardi une nouvelle surtaxe mondiale de 10 %.

Mais ces facteurs de hausse des prix sont « contrebalancés » par la publication mercredi du compte-rendu de la réunion de janvier de la Réserve fédérale« (Fed), dont les responsables ne sont »pas apparus pressés de baisser les taux et ont même évoqué la possibilité de hausses en cas d’inflation persistante« , résume David Morrison, analyste chez TradeNation.

Or si la dette américaine et le dollar restent attractifs, les investisseurs ont moins de raisons de se tourner vers d’autres valeurs refuges comme l’or, qui ne rapporte pas d’intérêts.

Si le »prix élevé« du métal jaune »semble peser sur la demande d’or en Inde« , en Chine à l’inverse, la demande reste forte dans la foulée des célébrations du Nouvel an lunaire, précise M. Fritsch.

Vendredi, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 5.233,76 dollars, contre 5.107,45 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Cacao moins haut

Les cours du cacao ont encore baissé cette semaine, plombés par une offre mondiale robuste et une demande en berne.

 « Les prix avaient presque triplé en 2024, ce qui a incité les fabricants de chocolat à reformuler leurs ingrédients et à réduire la taille de leurs tablettes », rappelle Jack Scoville. Mais depuis, malgré une forte baisse des cours, la demande de chocolat ne redémarre pas.

De plus, »la perspective d’un nouvel excédent mondial en 2026/27 se confirme« et »la faiblesse de la demande a entraîné une accumulation des stocks invendus en Côte d’Ivoire et au Ghana », les deux principaux producteurs mondiaux de cacao, ajoute M. Scoville.

Les cours sont désormais au plus bas depuis près de trois ans. La tonne de cacao négociée à New York pour livraison en mai évoluait vendredi à 2.911 dollars, au plus bas depuis mai 2023, contre 3.103 dollars la semaine dernière à la clôture.

A Londres, la tonne de cacao pour livraison le même mois valait 2.057 livres vendredi, au plus bas depuis mars 2023, contre 2.273 livres une semaine plus tôt en fin de séance.