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[Synthèse] Souveraineté alimentaire

L’après-Covid-19 agricole sera-t-il si différent du monde d’avant ?


TNC le 04/06/2020 à 08:52
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À la faveur de la crise, beaucoup d'organisations ont proposé leur vision de l'avenir agricole après le Covid-19. (©TNC)

Si les conséquences de la pandémie de Covid-19 ont globalement davantage épargné le secteur agricole que d'autres secteurs économiques, les agriculteurs et les filières ont dû faire face à un certain nombre de perturbations et d'adaptations. Pour tirer au mieux les leçons de cette crise, la plupart des organisations agricoles, politiques ou non gouvernementales ont livré leurs propositions pour une agriculture plus forte et plus résiliente dans le "monde d'après".

Plus que d’autres secteurs économiques, le monde agricole a été particulièrement mis sous pression pendant la crise liée au Covid-19. Les changements de mode de consommation des Français confinés, les difficultés rencontrées pour la commercialisation de certains produits, les tensions sur les chaînes logistiques ont remis l’alimentation au cœur des préoccupations de nos concitoyens, mais aussi des politiques, à l’instar du chef de l’État qui n’en finit plus d’affirmer sa volonté de « rebâtir une souveraineté alimentaire en France ».

Si ce recentrage des priorités ne peut que satisfaire l’ensemble des organisations agricoles, les propositions divergent quant aux moyens à mobiliser, et aux directions à prendre, pour permettre au(x) modèle(s) agricole(s) français de mieux résister aux crises de façon durable, tout en assurant une alimentation suffisante en quantité et en qualité à nos concitoyens.

Faut-il limiter les exportations dans certaines filières ? Reconnaître d’utilité publique l’agriculture paysanne, vecteur de dynamisme au cœur des territoires ? Investir massivement pour relocaliser la production sur le territoire national ?

Économistes, politiques, organisations agricoles et ONG ont été nombreux à élaborer des voies de sorties de crise pour une agriculture plus résiliente et/ou plus verte, plus locale, plus performante, garante d’une souveraineté alimentaire française, si ce n’est retrouvée, au moins plus importante.

Force est toutefois de constater que si les propositions des organisations du milieu agricole ont été riches et multiples, elles ne marquent pas pour autant de rupture avec les positions défendues par chacune d’entre elles avant la crise. Rien de surprenant, puisque la pandémie n’a pas ébranlé en profondeur le secteur agricole, n’obligeant pas ses acteurs à une totale remise en question. La crise sera-t-elle un mal pour un bien, en soulignant les faiblesses du système actuel et incitant à y remédier ?

Probablement pas, pour 52 % des répondants à un sondage réalisé sur Terre-net.fr du 26 mai au 2 juin 2020, qui estiment qu’une fois la crise passée, il n’y aura sans doute pas de changement majeur. Et seuls 9,7 % des répondants pensent que la crise sera l’occasion de repenser en profondeur le modèle agricole.

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