La production mondiale de maïs revue en hausse, les prix décrochent


AFP le 10/10/2026 à 10:00
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L'évolution des prévisions de l'USDA repose principalement sur une hausse attendue de la production américaine, d'environ six millions de tonnes comparé à l'estimation précédente. (© Stéphane Leitenberger/Adobe Stock)

La production mondiale de maïs s'annonce plus généreuse qu'escompté cette année, en particulier aux États-Unis, selon les prévisions du ministère américain de l'Agriculture (USDA) publiées vendredi qui provoquent une chute des cours de cette céréale.

Dans sa mise à jour mensuelle sur l’état de l’offre et la demande dans le monde (Wasde), l’USDA a estimé que la production mondiale pourrait désormais s’élever à un peu plus de 1,29 milliard de tonnes pour le grain jaune (environ 3 millions de tonnes de plus qu’envisagé précédemment).

Si cette augmentation se matérialise, la récolte 2026-27 deviendrait alors la deuxième plus importante de l’histoire, après celle en cours. Cette réévaluation a pris le marché de court, faisant dégringoler dans la foulée le prix du maïs américain jusqu’à 6 % en séance, à 4,70 dollars le boisseau (25 kg).

« Ce rapport envoie un signal fortement baissier pour le marché », résume Dewey Strickler, analyste pour Ag Watch Market Advisors, contacté par l’AFP.

L’évolution des prévisions de l’USDA repose principalement sur une hausse attendue de la production américaine, d’environ six millions de tonnes comparé à l’estimation précédente.

Alors que, selon M. Strickler, le marché tablait sur une baisse des rendements aux Etats-Unis, le ministère estime au contraire que ceux-ci seront encore plus favorables. L’Argentine et l’Ukraine voient aussi leur potentiel de récolte augmenter. En revanche, « la production de maïs devrait diminuer (…) dans l’Union européenne, aux Philippines et au Mexique », relève l’USDA.

Au sein de l’UE, la France concentre l’essentiel de ce recul : la production de maïs du pays est désormais attendue en baisse de 38 % par rapport à l’an dernier. Sans faire un lien direct avec les canicules de l’été, l’USDA dresse un constat proche de celui des autorités françaises.

Le ministère français de l’Agriculture a estimé début août que la récolte de grains jaunes dans l’Hexagone serait possiblement la plus faible depuis au moins 1980, à 9 millions de tonnes, en recul de 35 % sur un an.

Côté blé, le rapport contient également « plusieurs éléments baissiers » pour les prix, souligne Dewey Strickler. Les estimations de production aux Etats-Unis ont été légèrement revues à la hausse par rapport au rapport de septembre (+ 0,19 %) et les exportations devraient être moins importantes qu’initialement anticipé (- 3,22 %).

Une fois de plus, les perspectives d’exportations de la Russie ont été amputées. La guerre avec l’Ukraine perturbe grandement les flux de navires en mer Noire, voie essentielle pour les acheminements de grains de la région.