La FNSEA attend du Premier ministre des mesures fortes face aux crises multiples
TNC le 08/01/2026 à 15:30
Alors que la colère agricole ne faiblit pas en ce début d’année, et que les mobilisations se poursuivent, des mesures d’urgence sont attendues de la part du chef du gouvernement, a rappelé la FNSEA le 8 janvier. Le syndicat demande également « une vision » claire pour l’agriculture, et entend profiter de 2026 pour porter ses propositions aux candidats à l’élection présidentielle.
« Trop d’annonces ne font pas l’objet de mises en œuvre » face à une triple crise agricole – crise de vision, crise économique, mais également crise de confiance, a expliqué le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, à l’occasion des vœux à la presse du syndicat.
Ce dernier attend désmais « un signal très fort » de la part du Premier ministre au regard d’un certain nombre de mesures : déploiement effectif du plan d’urgence pour la viticulture, accompagnement des céréaliers « qui vendent sous leurs coûts de production depuis trois ans », directive Nitrates, mise en place des décrets de la LOA et de la loi Duplomb, révision de l’assurance prairies, enveloppe d’indemnisation supplémentaire pour les éleveurs qui ne peuvent pas exporter dans les zones réglementées liées à la DNC, détaille Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA.
À l’occasion des vœux de la #FNSEA à la presse, notre président @rousseautrocy a rappelé une chose simple : l’agriculture française est à un point de bascule historique.
Elle a besoin de vision, de constance et de clarté.
Voici nos messages clés. ⤵️ pic.twitter.com/EPSkQwu18Z
— La FNSEA (@FNSEA) January 8, 2026
Une colère « légitime »
Outre les mesures d’urgence, la FNSEA entend également porter une vision pour l’agriculture, un « changement de logiciel ». « Nous sommes convaincus que si la colère est légitime et gagne toutes les couches de l’agriculture, nous avons absolument besoin de construire un projet pour l’agriculture, c’est à cela que sert un corps intermédiaire », insiste Arnaud Rousseau.
Car si la Coordination rurale a, quelques heures plus tôt, marqué les esprits en alignant plusieurs tracteurs, sans autorisation, au cœur de Paris, pour Arnaud Rousseau, « le sujet, c’est d’être efficace. Nous, on veut obtenir des résultats », défend-t-il. Le président de la FNSEA met en avant l’action du 18 décembre à Bruxelles, qui a permis de reporter les discussions autour de l’accord avec le Mercosur.
Sur ce dernier, qui pourrait être validé dès la fin de la semaine, « notre ligne n’a jamais bougé », rappelle d’ailleurs Arnaud Rousseau, qui prévoit une action nationale à Strasbourg pour interpeler les eurodéputés et les inciter à refuser de voter l’accord.
2026, une opportunité pour parler de l’agriculture
« Je sais que la colère est là, qu’il y a parfois des actes dramatiques, mais dans ce contexte de chaos, nous avons besoin de gens qui œuvrent à construire un projet, un avenir pour les agricultrices et les agriculteurs », a également estimé Arnaud Rousseau. L’agriculture est, pour lui, « à la croisée des chemins » entre la décroissance, la perte de compétitivité, de production, et la nécessité « d’un cap, d’un projet économique et humain dans un monde chamboulé ».
Avec l’élection présidentielle prévue en 2027, l’année 2026 devrait être l’occasion de questionner à ce sujet les différents candidats. Le syndicat, qui fêtera également ses 80 ans cette année, entend bien continuer à porter une vision de l’agriculture auprès des pouvoirs publics, à « construire des solutions, des voies de passage pour apporter un peu de lumière dans les moments de grands doutes, et la FNSEA en a traversé de nombreux depuis 80 ans, mais nous avons toujours été un syndicat de solution, de revendication », insiste Arnaud Rousseau.
Le congrès de l’organisation, prévu fin mars à Caen, sera l’occasion de partager ce projet qui sera ensuite porté auprès des candidats. « Nous ne pouvons pas rester dans cette situation où l’agriculture, tous les hivers, crie sa colère », conclut le président de la FNSEA.