ZNT, retraites, loi Egalim…

La FNSEA attend des engagements politiques au salon


TNC le 19/02/2020 à 08:37
Jérôme Despey et Christiane Lambert ont fait le point sur les sujets sensibles avant l'ouverture du Salon de l'agriculture. (©TNC)

Jérôme Despey et Christiane Lambert ont fait le point sur les sujets sensibles avant l'ouverture du Salon de l'agriculture. (©TNC)

À quelques jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture et de son inauguration officielle par le président de la République, la FNSEA a fait le point sur les dossiers sensibles sur lesquels des réponses politiques sont attendues.

Si un certain nombre de sujets ont été source de désaccord avec la profession agricole ces derniers mois, le président de la République a préparé le terrain la semaine dernière en recevant les différents syndicats agricoles à l’Elysée, en amont du Salon de l’agriculture (Sia) qu’il doit inaugurer ce samedi. Et bien que Christiane Lambert « apprécie avoir retrouvé dans son expression beaucoup d’éléments d’orientation politique sur lesquels nous avons échangé », notamment lors de son discours à Chamonix pour le lancement de l’Office français de la biodiversité, il reste sur le tapis des sujets qui fâchent et que la FNSEA souhaite porter à l’attention des politiques qui arpenteront comme chaque année les allées de la plus grande ferme de France.

Liée à l’actualité, la question de la revalorisation des retraites agricoles est toujours une demande forte du syndicat, qui tenait le 18 février une conférence de presse en amont du Sia. « 85 % du Smic, ce n’est pas un objectif, c’est un minima qui doit être apporté », explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. Car si la réforme en cours se veut plus équitable et plus juste, les retraites agricoles actuelles restent parmi les plus faibles en France : en moyenne 740 € par mois (760 € pour les hommes, 540 € pour les femmes), alors que la retraite moyenne des Français est à 1390 € par mois.

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Autre sujet de revendication, la loi Egalim, qui apporte pour le moment des résultats mitigés. La FNSEA salue le travail réalisé par le gouvernement pour proposer en janvier une nouvelle rédaction de l’ordonnance encadrant les promotions, contournée en 2019 par les distributeurs, mais le syndicat attend toujours la mise en application de l’article 44 de la loi. « La loi existe, l’article existe, nous attendons des instruments opérationnels et appropriés », insiste Jérôme Despey.

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Les ZNT, un dossier toujours brûlant

Car si on laisse entrer en France des produits issus de normes moins strictes que dans l’Hexagone, « parallèlement on nous inflige encore de nouvelles règles, des distorsions qui plombent nos filières et nos productions », déplore Jérôme Despey, citant l’exemple des zones de non traitement (ZNT). La FNSEA, qui avait annoncé en début d’année vouloir bloquer les stations d’épuration pour obtenir un moratoire sur le texte publié en décembre, a finalement « réorganisé sa stratégie » suite à certaines avancées, notamment un délai dans la mise en œuvre du texte, et la garantie que les chartes riverains seraient appliquées dès leur publication.

Cependant, des réponses sont encore attendues : sécurité juridique quant à l’application des chartes, réciprocité dans les documents d’urbanismes et textes imposant aux promoteurs immobiliers des distances avec les exploitations agricoles, et surtout, demande la présidente de la FNSEA, « qui a prévu la compensation financière ? ». « Dans la Marne, ce sont 4 000 hectares concernés, 800 hectares de Champagne », poursuit-elle, indiquant que les agriculteurs sont actuellement en train de chiffrer ce que cela va coûter dans chaque département.

Dialoguer davantage avec le grand public

Car si la conflictualité entretenue par certains maires autour de ce sujet des ZNT et, plus globalement, des produits phytosanitaires, irrite la présidente de la FNSEA, la problématique souligne au moins la nécessité pour le syndicat de dialoguer encore davantage avec le grand public.

Dans cette optique, la FNSEA a renouvelé son stand au Sia pour accueillir, dans une structure imitant un corps de ferme, les visiteurs qui pourront effectuer un « parcours immersif et sensoriel » en discutant « avec de vrais agriculteurs », explique Christiane Lambert. L’objectif est de « démystifier, de rassurer », ajoute-t-elle.

Une pédagogie qui sera également nécessaire auprès d’Emmanuel Macron. « Nous espérons aussi qu’il passera du temps à l’écoute », explique Christiane Lambert. La présidente de la FNSEA estime que la transformation actuelle de l’agriculture face aux enjeux climatiques est une révolution tout aussi importante que la révolution silencieuse des années 1960. Au regard des enjeux, « les agriculteurs veulent des dirigeants qui ont cette vision pour l’agriculture », insiste-t-elle…

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