Eau

La Confédération paysanne assume la mise hors service d’une « méga-bassine »


AFP le 10/11/2021 à 17:55

La Confédération paysanne a assumé mercredi sa participation à une manifestation ce week-end pendant laquelle une réserve d'eau destinée à l'irrigation a été mise hors service en Charente-Maritime, suscitant une volée de condamnations dans le monde agricole, a constaté l'AFP.

Le troisième syndicat représentatif des agriculteurs avait invité les journalistes à une conférence de presse devant le ministère de l’agriculture à Paris, mais la poignée de militants présents a été escortée hors de la rue de Varenne par les forces de l’ordre, au motif que le rassemblement n’était pas déclaré. « J’avais quelque chose à remettre au ministre » de l’agriculture Julien Denormandie, « on reviendra », a protesté le porte-parole du syndicat, Nicolas Girod.

Il a été empêché par des policiers de sortir d’une valise un morceau du système de pompage démonté samedi sur un ouvrage de stockage de l’eau utilisé par des agriculteurs en Charente-Maritime. « Ce système de pompage est illégal », a soutenu M. Girod, évoquant une « action de désobéissance civile ».

Samedi, des manifestants emmenés par le collectif Bassines Non Merci, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre se sont mobilisés pour dénoncer « l’accaparement et la privatisation de l’eau » au profit d’une minorité d’agriculteurs. Ils ont manifesté contre un projet de réserves d’eau à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), une mobilisation qui a débuté dans le calme avant de connaître quelques incidents. En parallèle, une réserve d’eau en service dans le département voisin de Charente-Maritime a été mise hors service. La pompe prélevant dans la nappe a été démontée et les bâches recouvrant la cuvette retirées.

Ces réserves, qui prennent la forme de cratères recouverts d’une membrane plastifiée, doivent être alimentées par les cours d’eau et nappes phréatiques en hiver, et servir l’été à des agriculteurs quand l’eau manque. « Oui à l’irrigation, mais une irrigation qui préserve une ressource partagée entre tous et toutes », défend le porte-parole de la Confédération paysanne, qui estime que l’accès à l’eau est rendu « inéquitable » avec ces bassines.

La dégradation de la bassine a été condamnée par les Chambres d’agriculture, les syndicats FNSEA et Coordination rurale, premier et deuxième syndicats agricoles, ainsi que par les ministres Gérald Darmanin (Intérieur) et Julien Denormandie.