Incendies : les forestiers privés dénoncent le manque de moyens et des « normes contradictoires »


AFP le 28/07/2026 à 15:43

La fédération des forestiers privés a répondu mardi à l'appel d'Emmanuel Macron à « rebâtir une forêt différente », adaptée au changement climatique en affirmant que ce travail était déjà en cours malgré la « suspension » de fonds de soutien par le gouvernement et des « normes contradictoires ».

« Adapter les forêts au changement climatique est le quotidien des forestiers. En fonction des contraintes du sol, du climat et de l’usage du bois demandé par la société, nous œuvrons au renouvellement forestier et à la pérennité de la forêt. Tandis que le gouvernement a suspendu le fonds de soutien et n’a jamais remis en question des normes qui sont contradictoires avec une gestion active et durable », a indiqué Fransylva dans une déclaration écrite à l’AFP.

Lundi, Emmanuel Macron s’est rendu en Gironde où un mégafeu a brûlé plus de 42 000 hectares de la forêt des Landes de Gascogne depuis le 22 juillet. Cette dernière est l’une des plus exploitées en France par la filière bois. La quasi monoculture du pin maritime, la mécanisation de l’exploitation mais aussi la proximité avec les habitations la rend particulièrement sensible aux risques d’incendie, renforcé par le changement climatique (sécheresse, canicule…).

« Créer une zone tampon inconstructible »

« On devra, on le sait, replanter et rebâtir une forêt différente » parce que « l’on doit s’adapter aux « conditions structurelles de changement climatique, à la pression de l’habitation et du tourisme qui s’est déployé ces dernières décennies », a relevé le président de la République.

« La pression de l’urbanisme est réelle : il faut intégrer dans les documents d’urbanisme une zone tampon inconstructible à moins de 50 mètres des bois, mieux faire respecter les obligations légales de débroussaillement (OLD) et reclasser au cadastre les 3,8 millions d’ha de forêts encore classés agricoles », a répondu Fransylva.

La fédération rappelle que la priorité est de stopper l’incendie et « qu’un état des lieux précis des dégâts permettra ensuite d’en mesurer les conséquences et de définir les actions les plus adaptées pour accompagner la restauration des forêts dans une logique de gestion durable », conclut Fransylva.

Après l’incendie de Fontainebleau, Fransylva avait aussi dénoncé la baisse des financements publics pour le renouvellement forestier et des « discours dangereux cherchant à mettre la forêt sous cloche », prônant l’intervention des forestiers et non la « sanctuarisation ». Mi-juillet, le gouvernement a annoncé « un grand plan d’investissement pour la forêt française ». La ministre de la transition écologique Monique Barbut a souhaité que 100 millions d’euros du Fonds vert 2027 « soient dédiés à l’adaptation de la forêt ».