Grèce: circulation routière fortement perturbée en raison des barrages agricoles
AFP le 09/01/2026 à 10:00
La circulation sur la principale autoroute en Grèce, qui relie Athènes à Thessalonique (nord), a été fortement perturbée jeudi après-midi en raison de la décision des agriculteurs de multiplier les barrages et d'intensifier leur mobilisation entamée fin novembre.
La compagnie de transport par autocar Ktel, qui assure la liaison entre les deux plus grandes villes grecques, a annoncé jeudi la suspension de son service sur ce trajet, en raison également de la fermeture par des tracteurs des voies secondaires que ses cars empruntent alternativement. Elle a par la suite fait savoir qu’il reprendrait vendredi matin. Le bras-de-fer entre agriculteurs et éleveurs d’une part et le gouvernement de l’autre se poursuit pour la cinquième semaine malgré des tentatives de trouver un compromis entre les deux parties ces derniers jours.
Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a déclaré que les autorités ne permettraient pas de « couper le pays en deux », affirmant sur Mega TV : « Il n’y a pas de marge pour des mesures supplémentaires en faveur des agriculteurs ». Mais ces derniers ont menacé de multiplier le nombre des barrages routiers jeudi et vendredi après avoir rejeté les propositions du gouvernement, notamment celles d’une électricité et de carburants moins chers.
Toutefois, vu la perturbation du trafic routier jeudi soir, Pavlos Marinakis a à nouveau invité les agriculteurs au « dialogue » mardi prochain, selon l’ANA, l’agence de presse grecque.
Le mouvement de protestation, qui a commencé fin novembre, a entraîné des blocages intermittents par des milliers de tracteurs de plusieurs autoroutes et de points de passage frontaliers. Les agriculteurs avaient desserré leur dispositif pour permettre aux gens de voyager pendant les fêtes de fin d’année.
Ils protestent contre les longs retards dans le versement des subventions, déclenchés par un scandale de détournement d’aides agricoles de l’UE, et subissent également la pression des prix bas de ce qu’ils produisent, de la hausse des coûts de l’énergie et de la dégradation des conditions climatiques. Ils ont aussi souffert de l’abattage de plus de 450 000 brebis et chèvres en raison d’une épidémie de variole.
En décembre, les agriculteurs avaient rejeté une invitation à des discussions du Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis et ignoré les avertissements répétés du gouvernement qui leur demandait de reculer.
Des responsables officiels ont accusé les partis d’opposition d’encourager les agriculteurs à refuser les pourparlers.
Les versements de subventions aux agriculteurs ont été retardés par une enquête en cours sur des demandes frauduleuses de subventions de l’UE représentant des millions d’euros, rendue publique en mai par le Parquet européen.
Le mouvement des agriculteurs grecs a coïncidé en décembre avec celui de leurs confrères en Europe, qu’ils ont rejoint, pour protester contre la politique agricole commune (Pac) et la prochaine signature d’un accord commercial avec le Mercosur.