GNR : S. Lecornu « prêt à aller plus loin » si la crise dure, selon la FNSEA


AFP le 30/03/2026 à 17:16

Face à la flambée du prix du carburant agricole, la FNSEA a demandé lundi un soutien accru au premier ministre, qui s'est dit « prêt aller plus loin si la guerre devait devait se poursuivre », a déclaré le président du puissant syndicat à la presse.

Le gouvernement a annoncé vendredi une exonération de taxe sur le GNR (gazole non routier), utilisé dans les tracteurs, représentant « un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois » d’avril et correspondant à une baisse d’environ 4 centimes par litre.

« Pas à la hauteur » de la crise, alors que le prix du GNR a augmenté de « 50 à 60 centimes par litre » : « notre demande est claire, c’est 30 centimes du litre », a réagi Arnaud Rousseau lundi, à l’issue d’un entretien avec Sébastien Lecornu à Matignon.

« Le Premier ministre m’a dit que les annonces de vendredi n’étaient pas un solde de tout compte et qu’il ferait le point à la fin du mois pour voir ce qu’il serait possible de faire, mais qu’il était prêt à aller plus loin si la guerre au Moyen-Orient devait devait se poursuivre », a rapporté le céréalier.

La suspension du MACF de nouveau demandée

Alors que les agriculteurs sont en pleine période de travaux dans les champs et ont besoin de leurs tracteurs pour travailler, la hausse des prix du carburant comme des engrais « n’est pas supportable ». « Quand on cumule les deux, on peut être sur des hausses supérieures à 100 euros de l’hectare, ce qui est quasiment partout en France, supérieur au résultat d’un agriculteur à l’hectare », a-t-il souligné.

Concernant les engrais, il a de nouveau plaidé pour une suspension du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières européennes sur les fertilisants), une demande que doit également porter la ministre française de l’agriculture lors du conseil des ministres européens de l’agriculture et de la pêche de ce lundi à Bruxelles.

Sur les marchés internationaux, les prix des engrais, dont 30 % de la production mondiale transite par le détroit d’Ormuz, se sont envolés depuis un mois, augmentant de 20 à 30 % selon les produits au niveau mondial et de « plus de 15 % en France » selon le ministère de l’agriculture. En France, le GNR bénéficie d’une fiscalité allégée par rapport aux autres carburants : ce soutien représente déjà « 1,3 milliard d’euros par an », selon le gouvernement.

« Si vous mettez en place des mesures générales ça va vous coûter beaucoup d’argent et ce sera sans doute très peu efficace, donc aujourd’hui on est au plus près de ceux qui en ont le plus besoin », a indiqUé le ministre de l’2conomie Roland Lescure, en marge du salon Global Industries.