Filière fragilisée, planteurs désarmés : les betteraviers de plus en plus inquiets


TNC le 17/06/2026 à 09:55
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Les betteraviers de la CGB demandent la réintroduction de l'acétamipride pour lutter contre la jaunisse. (© TNC)

Depuis plusieurs années, les surfaces betteravières peinent à se maintenir en France, tandis que les autres producteurs européens gagnent des parts de marché. En cause, des coûts de production qui flambent, des usines en difficulté, mais aussi le manque de solution face aux maladies, en particulier la jaunisse, alors que certains produits de traitement restent autorisés dans les pays voisins.

Malgré l’opposition du gouvernement, les sénateurs entendent bien intégrer dans la loi d’urgence l’article controversé de la loi Duplomb proposant la réintroduction de l’acétamipride. Le contexte s’avère donc propice pour rappeler les difficultés causées dans certains secteurs agricoles, notamment la betterave sucrière, par l’interdiction des néonicotinoïdesdepuis 2018.

Car si la filière française représente encore 32 % de la production européenne, « la France perd du terrain au profit de ses concurrents qui ont tous augmenté leurs surfaces tandis que la sole française peine à maintenir son niveau », explique la CGB dans un manifeste publié le 16 juin. En effet, depuis 2019, le rendement est en baisse, inférieur désormais à 80 t/ha, indique le syndicat, qui liste les conséquences délétères de cette situation : baisse des revenus et des surfaces, sous-utilisation des outils industriels et donc fermetures d’usines.

Démunis face à la jaunisse

Depuis l’interdiction des néonicotinoïdes, utilisés en enrobage de semences, par la loi Biodiversité de 2016, des dérogations avaient été mises en place pour la filière betteravière en 2021 et 2022. Une décision de la Cour de justice de l’Union européenne a sonné le glas de cette possibilité en 2023, ne laissant aux planteurs que des alternatives à l’efficacité jugée moindre (pulvérisation de Movento et Teppeki, prophylaxie) face à la jaunisse qui entraîne des pertes de rendement parfois très importantes.

« La maîtrise de la jaunisse de la betterave dépend aujourd’hui largement des conditions climatiques et non de l’action des planteurs », ces derniers s’avérant « désarmés » en cas de forte infestation de pucerons (responsables de la maladie), résume la CGB. La campagne en cours pourrait d’ailleurs se révélée très impactée car les attaques sont survenues cette année de façon précoce et massive, explique le syndicat.

« Des solutions existent »

Pourtant, « des solutions existent et sont déjà utilisées par nos voisins européens », insiste la CGB qui dénonce à nouveau une distorsion de concurrence. L’acétamipride et la flupyradifurone sont ainsi autorisés sur le territoire de l’UE, et 16 pays producteurs y ont eu recours l’an passé quand, à l’inverse, la France l’interdit.

C’est pourquoi « nous demandons aux responsables politiques de ne pas abandonner cette belle filière et de changer la loi afin de redonner aux agriculteurs français les mêmes moyens de protection des cultures que ceux à disposition de nos concurrents européens pour continuer à nourrir les français et à produire l’énergie demain », conclut Franck Sander, président de la CGB.