Vœux 2019 de FNSEA-JA

Face à la « délation insupportable », le vœu de « reconnaissance et de respect »


TNC le 22/01/2019 à 19:08
De gauche à droite : Samuel Vandaele et Jérémy Decerle, respectivement secrétaire général et président de Jeunes agriculteurs, et Christiane Lambert et Jérôme Despey, respectivement présidente et secrétaire général de la FNSEA, lors de la présentation des vœux à la presse mardi 22 janvier 2019. (©TNC)

De gauche à droite : Samuel Vandaele et Jérémy Decerle, respectivement secrétaire général et président de Jeunes agriculteurs, et Christiane Lambert et Jérôme Despey, respectivement présidente et secrétaire général de la FNSEA, lors de la présentation des vœux à la presse mardi 22 janvier 2019. (©TNC)

En pleine élection des chambres d’agriculture, les leaders de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs ont une nouvelle fois dénoncé l’agribashing « qui sape le moral des agriculteurs », faisant vœu de « revenu, reconnaissance et respect ».

Pour la FNSEA et Jeunes agriculteurs, les « 3 R » ne sont plus synonymes de « rabais, remises, ristournes », mais de « revenu, reconnaissance et respect ». Trois mots qui résument les vœux des leaders des deux syndicats pour cette année 2019, présentés à la presse mardi 22 janvier 2019.

En ce début de nouvelle année, le revenu reste évidemment le sujet majeur de préoccupation des agriculteurs, après une année 2018 pas vraiment meilleure que les précédentes. Et un an et demi après le lancement des États généraux de l’alimentation, les producteurs n’ont vu encore aucun effet de la loi votée en octobre dernier. Pire, ils n’ont aucune garantie que les mesures censées inverser la construction du prix dans la chaîne alimentaire et ainsi tenir compte de leurs coûts de production seront effectivement appliquées et produiront les effets escomptés en termes de rémunération des producteurs.

« Certaines initiatives de la part de la grande distribution vont dans le bon sens », a noté Christiane Lambert, citant notamment l’accord entre Danone et Leclerc pour un prix du lait tenant davantage compte des coûts de production, ou encore Intermarché qui a contractualisé dans ce sens avec plusieurs opérateurs pour l’équivalent de 80 % de ses approvisionnements en produits laitiers. La priorité que s’est donnée la DGCCRF pour cette année 2019 est « un bon signal » aussi pour les producteurs. La direction de la répression des fraudes entend davantage surveiller les circuits de distribution dans l’alimentaire, et donc le respect des contrats.

Mais FNSEA-JA veulent rester prudents. « Les distributeurs ont du mal à changer leurs pratiques ». En ces temps de guerre des prix que se livrent les distributeurs depuis des années au détriment des agriculteurs, l’heure de l’armistice n’a visiblement pas sonné. « Les distributeurs ont demandé d’emblée des baisses de prix injustifiées sur les produits biologiques », illustre la présidente de la FNSEA. Avec Jeunes agriculteurs, la FNSEA attend avec impatience la publication de l’ordonnance sur les prix abusivement bas.

« C’est le régime de Vichy qui revient ! »

Outre le revenu, les leaders du syndicalisme majoritaire ont longuement insisté sur le désarroi croissant des agriculteurs face à l’agribashing en général, et face aux actions antispécistes de certaines associations en particulier. « Nous le percevons à chaque réunions départementales », confirme Samuel Vandaele, secrétaire général de Jeunes agriculteurs.

Pour Jérémy Decerle, « FNSEA et Jeunes agriculteurs doivent solidifier leur services juridiques » pour « faire sanctionner certaines organisations », citant notamment Greenpeace, Boucherie Abolition ou L214. « Comment peut-on laisser faire un tel acharnement ? » s’interroge Christiane Lambert, qui a recensé « 87 émissions télévisées à charge contre l’agriculture en 2018 ». La FNSEA a d’ailleurs porté plainte contre Boucherie Abolition et fait fermer la page Facebook de l’organisation, suite aux menaces à l’encontre d’abattoirs et d’éleveurs. Dans le Finistère, la FDSEA a lancé un appel au préfet et aux parlementaires suite à des intrusions par effraction dans plusieurs élevages.