Face à la crise, la Confédération paysanne réclame un « quoi qu’il en coûte »
TNC le 27/08/2026 à 17:43
Avant les annonces du gouvernement, le syndicat propose son plan de solutions concrètes pour permettre à toutes les fermes de surmonter les difficultés liées aux aléas climatiques extrêmes de l’été, rappelant que l’agriculture paysanne « est une solution au dérèglement climatique ».
S’il y a urgence à agir, après un été destructeur pour l’agriculture, la crise révèle aussi « l’impréparation des politiques agricoles » face au changement climatique, dénonce Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne. Le syndicat a présenté le 27 août un plan à contre-pied de celui que prépare le gouvernement. « Tout doit être fait pour qu’aucune ferme ne disparaisse », surtout les plus fragiles, poursuit Stéphane Galais, dénonçant une pression exercée par « ceux qui veulent profiter de la crise pour accélérer la compétitivité et la concentration » des exploitations agricoles.
Une aide de trésorerie de 5 000 € par actif agricole
Première mesure d’urgence mise en avant par la Conf’ : une aide forfaitaire de 5 000 € par actif agricole afin de soutenir les trésoreries, soit un montant total de 2 milliards d’euros. Cette aide ciblerait les exploitations ayant subi une perte significative de récoltes, de rendements, de fonds ou une augmentation des charges, explique Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat. « Nous appelons à un « quoiqu’il en coûte » pour soutenir l’agriculture », défend ainsi Stéphane Galais.
#criseclimatique : alors que @AnnieGenevard réunit les préfets, @ConfederationP appelle à ce qu'aucune ferme ne disparaisse, quoi qu’il en coûte !
➡ une aide directe de 5000 euros/actif·ve sur la ferme, ajoutée aux autres dispositifs éco et sociaux 👇
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Le plan propose également de réorienter la réserve de crise de l’Union européenne, aujourd’hui déployée pour soutenir les achats d’engrais, vers les agriculteurs les plus touchés. La Confédération paysanne propose également des avances d’aides Pac et une adaptation des critères de versement, la mise en place de cellules de crise dans chaque MSA, l’activation de l’aide au répit, ou encore des journées de remplacement financées par l’Etat via la création d’un nouveau motif « aléa climatique ».
Un changement structurel sur l’eau et l’assurance
Pour le syndicat, la crise révèle également l’importance d’un changement structurel dans les politiques agricoles. La question du partage de l’eau doit ainsi être mise sur le devant de la scène, avec une priorisation des usages : abreuvement des animaux, productions alimentaires à forte valeur ajoutée, interdiction pour l’irrigation des cultures à usage énergétique.
De même, la réforme du système assurantiel se révèle « clairement un échec », alors que les aléas climatiques sont les plus violents, déplore Thomas Gibert. Seuls 18,3 % des agriculteurs ont ainsi souscrit à une multirisque climatique.
La Confédération paysanne demande, dans un premier temps, le déclenchement de l’indemnité de solidarité nationale dès 30 % de pertes, avec une prise en à charge à 100 % des pertes même pour les non assurés. A plus long terme, le syndicat propose la mise en place d’un fonds mutuel et solidaire universel, avec un seuil de déclenchement adapté au dérèglement climatique, et financé par l’Etat, le monde paysan, et l’ensemble de la filière.
Aucune réponse dans la loi d’urgence
Enfin, le syndicat déplore « l’inopérance » de la loi d’urgence publiée il y a quelques jours au Journal Officiel, qu’il s’agisse du stockage de l’eau sans priorisation ni regard sur le partage de la ressource, du retour de molécules interdites ou de l’agrandissement des bâtiments d’élevage, détaille Stéphane Galais. « On prend acte que cette année-là est précurseuse d’années tout aussi difficiles, donc il faut qu’on maintienne des paysans dans les territoires » ce qui nécessite de soutenir leurs revenus et d’accélérer la transition agricole, explique-t-il. La Confédération paysanne a demandé à être reçue par le Premier ministre pour évoquer ces questions. Face à l’ampleur inédite de la crise, « il nous paraît évident que cet automne repartiront les colères agricoles », prévient Thomas Gibert.