Enrayer les coûts de collecte et développer sa propre marque : Biolait voit loin
TNC le 10/04/2026 à 14:00
Après avoir dressé le bilan de 2025, Biolait partage sa stratégie pour les 5 ans à venir. Optimisation des coûts de collecte et lancement d’une gamme de produits en marque propre au programme.
« Engagement tenu en 2025 sur le prix du lait », c’est ce qu’annonçait Biolait dans un communiqué de presse en février dernier. En effet, avec un prix producteur à 510 €/1000 l, la laiterie redressait la barre après les 483 € de 2024. Pour 2026, le prix d’acompte s’élève à 460 €/1000 l sur le premier trimestre. « C’est un prix d’acompte et hors primes qualité, rappelle Philippe Marquet, président de Biolait. Il évoluera au fil de l’année et les éleveurs auront le prix final en fin d’année. »
Biolait optimiste quant au redémarrage de la bio
Le volume de lait sur 2026 devrait se rapprocher de celui de 2025 (226 Mlitres). Bien que la baisse ait été plus modérée en 2025 (- 7 % entre 2024 et 2025), le volume continue de diminuer depuis 2022. « C’est surtout lié à l’évolution de la pyramide des âges, explique le président de Biolait lors de la conférence de presse tenue ce jour. Nous avons aussi quelques producteurs qui partent vers d’autres laiteries, et parfois même qui repartent en conventionnel [15 producteurs en 2025, NDLR], et ça c’est très difficile à concevoir pour nous. Heureusement, nous avons aussi de nouveaux adhérents : 30 en 2025 et nous avons de la demande pour 2026. » En ce qui concerne le déclassement du lait bio, il a été moindre cette année (19 % du volume).
Biolait c’est 140 M€ de chiffre d’affaires en 2025, 1040 fermes et une centaine de clients, bien que 10 % d’entre eux représentent la majeure partie du volume. « Le marché de la bio a repris depuis 2 ans, on note des évolutions positives de prix d’achat chez nos clients transformateurs et ça se confirme sur des contrats engagés jusqu’en 2028. » Philippe Marquet poursuit : « On est seulement au redémarrage de la consommation bio mais il faudra que ça se poursuive et qu’on le voit vraiment, avec un élargissement du panel de produits biologiques proposés dans la grande distribution. »
Enrayer les coûts de collecte
Maud Cloarec, éleveuse dans les cotes d’Armor et vice-présidente de Biolait, présente les deux évolutions stratégiques votées au cours de l’AG les 1er et 2 avril 2026. « La première est de renforcer notre compétitivité en enrayant nos coûts de collecte parfois très élevés. » En effet, si les charges évoluent à la hausse dans les fermes, elles augmentent aussi dans la logistique du collecteur numéro 1 de lait bio. « Nos charges logistiques liées au transport du lait ont augmenté de 45 % en 5 ans. Dans les régions à faible densité laitière, les coûts sont multipliés jusqu’à 5 par rapport aux autres régions plus denses. »
Et si Biolait y a déjà travaillé, il s’agit d’aller plus loin : « On entame une réflexion région par région, qui inclura les producteurs et les partenaires locaux pour identifier et mettre en place des solutions pour garantir un niveau de coûts soutenable dans la durée. Les raisons de ces surcoûts varient d’ailleurs d’une zone à l’autre : on peut avoir par endroits une forte densité de fermes mais des clients trop loin, ou à l’inverse il y a des zones où on a les clients mais peu de fermes donc une collecte compliquée. Reprise de nouveaux producteurs, recherche de nouveaux clients… il n’y aura pas une solution unique mais bien une solution par territoire. Et si malheureusement on est dans l’impasse, il faudra réévaluer la collecte sur certaines zones. »
Une gamme de produits Biolait
Deuxième solution votée en AG : lancer une gamme de produits en marque propre. Maud Cloarec présente : « On va lancer dans les prochaines semaines une étude pour commercialiser un produit ou une gamme de produits sous la marque Biolait. C’est la suite logique après le lancement du repère « Il lait là ». L’objectif c’est de créer de la valeur ajoutée, diversifier les débouchés et créer plus de liens avec les consommateurs. »
« On veut moins dépendre d’un marché unique et diversifier nos sources de revenu. C’est aussi une façon de prendre part à la reprise de consommation des produits bio. » Ces produits seront internalisés ou externalisés, Biolait ne s’interdit rien, l’étude le dira. « Le bilan sera présenté lors de notre AG de 2027 », annonce l’éleveuse.
