Deux personnes condamnées pour avoir exploité des travailleurs étrangers
AFP le 20/05/2026 à 09:52
Le tribunal correctionnel de Montauban a condamné mardi deux personnes à des peines de prison avec sursis pour avoir fait venir des travailleurs illégaux du Maroc entre 2023 et 2025 pour exercer dans le secteur agricole.
D’après l’enquête, 278 ouvriers agricoles ont été victimes d’un système « d’exploitation de la misère humaine », selon les termes du procureur. Seuls deux travailleurs marocains ont déposé plainte. Ils se verront verser 10 000 euros au titre du préjudice moral et matériel et 600 euros pour les frais d’avocat.
Les deux rabatteurs sont reconnus coupables d’escroquerie, fraude sociale et travail dissimulé dans le milieu agricole à Montauban et Montalzat. Ils écopent aussi de cinq ans d’interdiction d’exercer toute activité professionnelle en lien avec l’agriculture.
Ils étaient poursuivis pour avoir fait venir des saisonniers marocains à qui ils faisaient payer 10 000 euros sans leur garantir de salaire ni de papiers, certains se retrouvant dans la précarité, obligés de dormir dehors.
La peine est inférieure aux réquisitions du ministère public lors de l’audience du 31 mars 2026 qui réclamait respectivement 3 ans de prison avec sursis pour l’homme et un an avec sursis pour la femme ainsi que 15 ans d’interdiction d’activité professionnelle dans le milieu agricole.
Ils devront en outre verser 776 000 euros à la Mutualité sociale agricole (MSA), partie civile dans ce dossier. Les juges ont ordonné la saisie d’une montre de luxe et de 12 000 euros sur les comptes des deux prévenus.
Le Tarn-et-Garonne, le premier producteur français de pommes et de prunes, deuxième producteur de kiwis, emploie en moyenne 22 000 saisonniers chaque année pour la cueillette des fruits et l’entretien des parcelles, une main d’œuvre originaire en majorité du Maroc, de Bulgarie et d’Espagne.