Lubrizol

Des taux de dioxine « importants » mais « en-dessous des seuils de toxicité »


AFP le 09/10/2019 à 11:12

Des taux de dioxine « plus importants que la normale » mais « en dessous des seuils de toxicité » ont été relevés le jour de l'incendie de l'usine Lubrizol à 15 km de Rouen, a indiqué mercredi la ministre de la santé, Agnès Buzyn.

« Nous verrons si ces chiffres sont retrouvés sur plusieurs prélèvements sur le long terme puisqu’il s’agit d’un prélèvement au moment de l’incendie », a déclaré Agnès Buzyn sur France Info. Elle était interrogée sur des taux de dioxine quatre fois supérieurs à la normale enregistrés dans la commune de Préaux (nord-est de Rouen), selon des résultats de l’organisme Atmo Normandie cités par France Info. « C’est plus important que la normale mais ça reste (…) en dessous des seuils admis de toxicité », a commenté Mme Buzyn.

Dans une jauge déposée du jeudi 26 septembre, jour de l’incendie, à 12 h à vendredi 27 à 12 h, l’association a trouvé un dépôt de 12,6 picogrammes par m2, en équivalent toxique, de dioxine, alors qu’elle trouve dans ses prélèvements habituels en Normandie, essentiellement autour des incinérateurs, 3,4 picogrammes par m2 par jour en moyenne, a précisé à l’AFP Christophe Legrand, son directeur adjoint. « La valeur de Préaux, c’est un dépôt plutôt élevé (…) C’est pas alarmant mais c’est inhabituel », a commenté M. Legrand. « Y pas de raison que ça rentre pas dans la normale puisqu’il n’y a plus de panache », a-t-il ajouté, « ou c’est qu’il y a une autre source ailleurs mais les dioxines en général ça vient de combustions pas maîtrisées avec un panache noir » comme celui produit par l’incendie de Lubrizol.

La valeur minimale historique trouvée dans la région (sur 228 échantillons) est de 0,23 minimum et la valeur maximale 31, a précisé le directeur adjoint de l’association contrôlée pour un quart par l’Etat, un quart par les collectivités, un quart par les industriels, un quart par des associations de défense de l’environnement ou des consommateurs.

Ce dépôt de dioxine dans la jauge d’Atmo est issu de l’air mais signifie qu’un dépôt similaire s’est produit sur la terre à cet endroit, selon Atmo. « Les résultats sont rassurants. On n’est pas sur des nanog/m2 mais sur du picog/m2, c’est un millier de fois plus petit », a commenté Patrick Berg de la Dreal de Normandie. Préaux fait partie des 112 communes du département où le préfet a interdit aux agriculteurs de vendre leur production. Selon l’Agence régionale de santé (ARS), seule la « consommation répétée et prolongée » de produits contaminés par des dioxines est dangereux pour la santé.

« Nous nous rendons à Rouen avec (le ministre de l’agriculture) Didier Guillaume et (la ministre de la transition écologique) Elisabeth Borne en fin de semaine, de façon à installer le comité de suivi (…) où la totalité des résultats dont nous disposons seront rendus public et clairement expliqués », a poursuivi Agnès Buzyn.

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Selon elle, « il y aura (…) une image complète de la situation lors de ce point avec le comité de suivi, qui comprend des élus, des citoyens, des experts, des associations non gouvernementales ». Les agences sanitaires sont maintenant chargées d’« évaluer le risque sanitaire pour les populations » sur la base de « tous les prélèvements que nous aurons », a expliqué la ministre. « En fonction de cette évaluation du risque, il y aura un suivi des populations ou pas, c’est aux agences sanitaires, sur la base de tous les résultats, de m’expliquer s’il y a des choses supplémentaires à faire pour la population rouennaise ou sous le panache », a-t-elle dit. « Les agences travaillent sur la totalité des prélèvements pour évaluer prélèvement par prélèvement, toxique par toxique (et) savoir s’ils sont respirés, ingérés dans l’alimentation ou pas » afin d’établir une « cartographie des risques », a précisé Agnès Buzyn.

Mercredi, préfecture de Seine-Maritime et Dreal de Normandie ont annoncé lors d’une conférence de presse à Rouen que de nouveaux prélèvements aux sols seront effectués dès jeudi dans le secteur de Préaux. « On a demandé à Lubrizol d’organiser d’autres prélèvements dans ce secteur et notamment de sol pour vérifier les résultats et peut-être relativiser, et en tout cas conclure », a indiqué Patrick Berg, directeur de la Dreal, soulignant que « Lubrizol paye et organise ces prélèvements, mais c’est validé par la Dreal ».

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