Dermatose bovine : soutien des syndicats à la vaccination, contestée en Ariège
AFP le 29/04/2026 à 10:26
La Confédération paysanne de l'Ariège a réaffirmé mardi son soutien à la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), alors que le parquet de Foix enquête sur des « menaces » et d'« autres agissements illicites » d'opposants à cette vaccination.
Chambres d’agriculture France, qui coordonne le réseau de la centaine de chambres du pays, où sont représentés les différents syndicats agricoles, avait dénoncé lundi « les menaces » contre des vétérinaires chargés de la vaccination contre la DNC, regrettant les « pressions et attaques inacceptables dont ils font l’objet ».
Alors que « d’habitude, elle laisse le libre choix aux paysannes et aux paysans de vacciner » ou non leurs animaux, la Confédération paysanne ariégeoise, opposée comme la Coordination rurale (CR) à l’abattage total et systématique des troupeaux infectés, soutient cette vaccination obligatoire, a expliqué mardi à l’AFP son co-porte-parole, Angel Alegre.
« La non-vaccination ne fait pas avancer les choses », a souligné ce dernier, dont le syndicat a obtenu plus de 35 % des voix aux élections à la chambre d’agriculture de 2025. Le 17 avril, quelques dizaines de manifestants étaient venus à Balou (Ariège) soutenir une éleveuse qui refusait la vaccination de son troupeau, avant de l’accepter après une intervention des forces de l’ordre. Depuis cette date, des opposants ont continué à exprimer leur hostilité sur les réseaux sociaux.
Plusieurs enquêtes ouvertes
Le procureur de la République de Foix, Olivier Mouysset, a ouvert plusieurs enquêtes, estimant que « de nombreux débordements ont été recensés depuis le début de la campagne de vaccination obligatoire » et qu’« insultes, propos menaçants et intimidations, ou autres agissements illicites, se multiplient désormais, notamment sur les réseaux sociaux ».
Ces enquêtes ont été ouvertes pour « menaces de mort réitérées et menaces de destruction dangereuse pour les personnes » ou « divulgation d’informations personnelles pour exposer une personne ou son entourage à un risque d’atteinte aux personnes ou aux biens », entre autres, selon un communiqué d’Olivier Mouysset diffusé le week-end dernier.
D’après la préfecture, le préfet Hervé Brabant a été « lui-même la cible » de vidéos, commentaires ou photomontages « haineux et de menaces personnelles sur divers réseaux sociaux », motivant le dépôt de « plusieurs plaintes ».
Aucun nouveau foyer de la maladie n’a été détecté en France depuis le 2 janvier, ce qui a entraîné la levée de la quasi-totalité des restrictions de mouvement d’animaux et d’exportations. Au total, 117 foyers de dermatose bovine ont été recensés entre juin et janvier, avec plus de 3 300 animaux abattus et environ deux millions vaccinés.