Agroéquipements

Dans une conjoncture annoncée stable, les concessionnaires peinent à recruter


TNC le 19/12/2019 à 16:00

Les représentants du Sedima, le syndicat des entreprises de service et distribution du machinisme agricole, ont dressé mercredi 18 décembre un bilan conjoncturel de leur secteur. Après une croissance d’activité estimée entre 3 et 4,5 % au deuxième trimestre 2019 – une « croissance qui, cependant, s’essoufle » selon eux – les concessionnaires s’attendent à un début d’année 2020 « stable ». Les distributeurs s’annoncent désormais davantage préoccupés par leurs difficultés à recruter que par l’évolution conjoncturelle des marchés de leurs clients agriculteurs.

Pierre Prim, le président du Sedima, et Anne Fradier, la secrétaire générale du syndicat, ont dressé, mercredi 18 décembre 2019, le bilan économique de la distribution de matériels agricoles au deuxième semestre 2019. Pour les concessionnaires agricoles, l’année 2019 se termine plutôt positivement.

L’enquête réalisée courant octobre auprès des adhérents du Sedima montre une « activité du second semestre en progression par rapport au deuxième semestre 2018, mais un essoufflement de la croissance par rapport au début 2019 ». Selon les retours des distributeurs, les prises de commande de matériels d’occasion ont progressé de 3 %, celles de matériels neufs de 4 %. Les prestations à l’atelier ont bondi de 4,5 % et le chiffre d’affaires en pièces a augmenté de 3,5 %.

Tous secteurs confondus, ce sont les ventes de matériels d’accompagnement qui ont boosté les prises de commandes en neuf. 56 % des répondants à l’enquête du Sedima estiment que les ventes de ces matériels ont progressé d’au moins 3 %. 15 % chiffrent la progression du chiffre d’affaires sur ce segment à plus de 15 % ces six derniers mois.

En neuf comme en occasion, « c’est en polyculture élevage que les ventes sont les mieux orientées, devant les matériels pour grandes cultures », poursuit Anne Fradier.

Des stocks en concessions plus élevés

Les concessionnaires agricoles relèvent aussi une hausse significative de leurs stocks ces six derniers mois. Près de 6 distributeurs sur 10 estiment que leur stock de matériels neufs est en hausse d’au moins 3 %. La tendance serait sensiblement la même en matériels d’occasion. Ainsi, 42 % des distributeurs estiment avoir un stock de matériels neufs supérieur à la normale. Ils n’étaient que 28 % à la fin de l’année 2019.

Niveau des stocks de matériels neufs et d’occasion estimés par les concessionnaires agricoles

Difficultés croissantes à satisfaire les besoins en main-d’œuvre

Dans ce contexte, le premier semestre 2020 s’annonce sous le signe de la « stabilité » pour les concessionnaires agricoles. « Le moral de nos adhérents est stable » confirme Pierre Prim. La moitié d’entre eux jugent leur moral moyen quand un bon tiers d’entre eux ont un « bon ou très bon » moral.

Si les distributeurs considèrent, en cette fin 2019, que le moral de leurs clients est « plutôt positif », ils sont plus nombreux à estimer subir des difficultés de trésorerie. En octobre 2019, 41 % d’entre eux jugeaient la situation de leur trésorerie « difficile » à « très difficile ». Ils n’étaient que 36 % à faire cette appréciation en octobre 2018.

Le secteur cherche toujours à embaucher 9 000 personnes

La trésorerie constitue désormais leur deuxième préoccupation, derrière l’évolution conjoncturelle et structurelle des marchés, et donc derrière la situation financière de leurs clients. « Nos adhérents ont de plus en plus de mal à recruter, ce qui complique la gestion des équipes », explique Pierre Prim.

« Le secteur de la distribution de matériels agricoles et d’espaces verts a toujours un besoin de 9 000 emplois », rappelle le président du Sedima. Les concessions doivent faire face à un turn-over en hausse. « Ce turn-over était de 19 % en 2019, soit 5 points de plus qu’il y a deux ans. »

Ainsi, 8 distributeurs sur 10 envisageaient, en octobre 2019, de recruter de nouveaux salariés. Le secteur aurait recruté environ 3 800 salariés cette année. Un chiffre bien insuffisant pour pallier l’important turn-over et satisfaire un besoin bien plus important. « 71 % des entreprises en machinisme agricole poursuivront leurs recrutements au 1er semestre 2020 ».