Bien-être au travail

Comment être un éleveur/agriculteur heureux dans son métier ?


TNC le 06/02/2020 à 14:55
Voir des éleveurs/agriculteurs bien dans leurs bottes donne davantage envie aux jeunes de s'installer. (©TNC)

Voir des éleveurs/agriculteurs bien dans leurs bottes donne davantage envie aux jeunes de s'installer. (©TNC)

Pour réussir dans son métier, ne faut-il pas avant tout pouvoir s'y épanouir ? L'association de gestion et de comptabilité Icoopa en est persuadé et travaille sur le bonheur au travail depuis plusieurs années, notamment dans l'agriculture et l'élevage. « Un bon moyen » selon elle de mieux vivre « les moments difficiles qui touchent » le secteur et de ne pas se laisser envahir par des idées noires. Découvrez plusieurs conseils pour être un agriculteur et/ou un éleveur heureux.

Pour cultiver le bonheur au travail, l’association de gestion et de comptabilité Icoopa, qui s’intéresse à ce sujet depuis plusieurs années (elle en avait fait le thème de son assemblée générale en 2018, de sa communication durant tout l’été suivant et de ses interventions au Space), propose plusieurs leviers d’action, regroupés ici autour de quatre grands conseils. Les mettre en pratique vous aidera à devenir, si vous ne l’êtes pas déjà, un agriculteur et/ou un éleveur heureux. Or un métier où l’on s’épanouit est bien plus attractif. Voir des producteurs bien dans leurs bottes donne en effet davantage envie de s’installer en agriculture et en élevage, ou d’y exercer un emploi salarié.

Conseil n°1 : créer de bonnes conditions de travail

C’est ce qu’on appelle aussi la qualité de vie au travail. Il s’agit ici d’aménager un environnement matériel et humain favorable et de limiter la pénibilité (bruit, poussière, tâches physiques ou répétitives…) et les risques professionnels, sources d’accident, de maladie ou de mal-être. Ce qui est particulièrement important pour les agriculteurs et/ou éleveurs employeurs de main-d’oeuvre, qui ont l’obligation de mettre en place des mesures de prévention pour la santé et la sécurité de leurs salariés. Un bon moyen aussi de lutter contre « l’absentéisme et le manque de motivation », souligne Icoopa sur son site internet. « Un enjeu stratégique pour toute entreprise », qui conditionne sa « performance ».

C’est pourquoi il est crucial « d’écouter les besoins de chacun », associés comme salariés, et « d’adapter les postes de travail » en conséquence. Le cadre, le confort (lié à l’aménagement des bâtiments et aux divers équipements et matériels présents) et l’équilibre entre vie professionnelle et privée sont bien sûr parmi les principaux facteurs à prendre en compte. Il importe également de favoriser les échanges et l’esprit d’équipe dans des lieux formels (bureau, salle de traite…), ou qui le sont moins (espace de détente au sein de l’exploitation, activités extérieures en groupe). Car même si cela peut paraître un peu surprenant de prime abord, pourquoi ne pas appliquer dans le secteur agricole des méthodes qui fonctionnent dans d’autres domaines d’activité ? 

Conseil n°2 : placer l’humain au cœur de l’entreprise

Cette préconisation est valable pour les chefs d’exploitation eux-mêmes et pour leurs salariés. « L’individu est considéré comme un élément moteur dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie d’entreprise », insiste Icoopa. De ce principe découlent des techniques de management plus participatives qui tiennent compte des attentes des employés, utilisent leurs compétences et les intègrent dans la prise de décision et la résolution des problèmes. L’agriculteur employeur de main-d’oeuvre n’est pas qu’un donneur d’ordres et un contrôleur du travail effectué.

Il doit « accompagner » ses salariés, c’est-à-dire leur laisser suffisamment d’« autonomie » et de « responsabilités », « reconnaître la qualité de leur travail », « valoriser » leurs réussites et dédramatiser leurs « échecs ». Il encourage ainsi leur motivation et leur épanouissement, désamorce les conflits potentiels, et leur permet de progresser et de faire progresser l’exploitation techniquement et/ou économiquement. Grâce à cette collaboration entre l’employeur et ses employés, manager deviendra en outre plus intéressant et valorisant pour l’agriculteur ou l’éleveur.

Conseil n°3 : respecter certaines valeurs

Plusieurs valeurs semblent essentielles à respecter, que ce soit par l’agriculteur/éleveur vis-à-vis de ses associés, salariés ou même des personnes extérieures à l’exploitation avec lesquelles il est en contact, ou inversement. Celles-ci servent de « guide » dans l’entreprise, participent à la création d’une ambiance saine et motivante et renforcent le sentiment d’appartenance au collectif de travail et la fierté d’en faire partie. Elles doivent même être au centre de toutes les actions menées et décisions prises au sein de la ferme, et permettent de définir ce qui est « acceptable ou non dans l’exercice des fonctions de chacun ». Icoopa recommande entre autres « d’agir avec transparence », en « transmettant des informations les plus claires et complètes possibles », et « avec intégrité et équité » en « respectant et écoutant les autres pour mieux les comprendre ». 

Découvrez l’intégralité des recommandations d’Icoopa sur le bonheur au travail.

Conseil n°4 : se former régulièrement

Parce que l’agriculture est en constante évolution, les chefs d’exploitation et leurs employés doivent sans cesse s’adapter, et changer leurs pratiques techniques et leur manière de gérer la ferme. Même sans ce besoin d’adaptation, la formation continue permet d’accroître ses compétences et de prendre en charge de nouvelles missions ou responsabilités. Découvrir d’autres façons de faire et rencontrer des producteurs ou salariés agricoles, en dehors de l’exploitation, incite à réfléchir à sa propre situation et à y apporter des changements si nécessaire, au bénéfice des résultats technico-économiques et/ou de la qualité de vie au travail. Laquelle occupe une place de plus en plus essentielle chez les jeunes générations d’agriculteurs/éleveurs.

Sur le même sujet, écoutez l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés : « Le droit à l’essai : apprendre à partager des projets d’entreprise et de vie »