Bruxelles écarte tout nouveau report de la loi contre la déforestation


AFP le 04/05/2026 à 15:45

L'Union européenne a assuré lundi que sa loi contre la déforestation entrerait bien en vigueur fin 2026, malgré la pression de l'agroindustrie et de certains États.

Cette loi emblématique, qui doit interdire la commercialisation en Europe de produits comme l’huile de palme, le cacao, le café, le soja ou le bois quand ils sont issus de terres déboisées après 2020, avait été reportée à deux reprises. Et des ONG redoutaient un détricotage en règle lors d’une révision du texte présentée lundi. 

Mais la Commission européenne n’a cette fois pas modifié son calendrier et a fermé la porte à une large réouverture de la loi. Elle s’en est tenue à quelques aménagements. Le plus sensible concerne le retrait du cuir des produits concernés par cette législation.

Plusieurs organisations environnementales ont jugé cette décision « inacceptable ». C’est une « brèche dans la loi pour satisfaire de puissantes marques de mode », a dénoncé l’ONG Greenpeace, qui estime que la « chaîne d’approvisionnement du cuir est un moteur de la destruction des forêts ».

« Exclure le cuir, alors que les produits de l’élevage pèsent environ 13 % de notre déforestation importée est un cadeau majeur fait aux pollueurs », a aussi affirmé l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint. Cette dernière a néanmoins salué une « bonne nouvelle » : la Commission européenne « n’a pas cédé aux sirènes de la droite et de l’extrême droite qui voulaient rouvrir et affaiblir le texte en créant une pseudo catégorie « zéro risque » ».

Plusieurs pays européens, comme l’Autriche, souhaitaient créer cette catégorie, afin d’exclure leurs entreprises des obligations prévues par la loi. Mais la commissaire européenne en charge de l’environnement, Jessika Roswall, a répété ces dernières semaines qu’elle ne souhaitait pas relancer ce débat.

« Nous devons désormais tous œuvrer à la réussite de l’entrée en vigueur de la loi d’ici fin 2026 et garder à l’esprit son objectif essentiel : réduire la déforestation à l’échelle mondiale », a-t-elle réagi lundi. Cette réglementation européenne est combattue par une série de géants de l’agronégoce, ainsi que des pays d’Asie et d’Amérique, inquiets des coûts supplémentaires engendrés pour les agriculteurs, éleveurs et exploitants forestiers.