Au salon de l’agriculture, Emmanuel Macron face à la méfiance des syndicats
TNC le 21/02/2026 à 14:00
Emmanuel Macron a inauguré ce 21 février un salon de l’agriculture particulier, marqué par l’absence de vaches, et une défiance syndicale encore forte à l’égard du président, après un hiver de mobilisations.
Arrivé vers 8 h sur « la plus grande ferme de France », le chef de l’État a tout d’abord salué la stratégie sanitaire gouvernementale, estimant que l’on « peut se féliciter d’être en train de gagner le combat durablement » contre la maladie, puisque le dernier cas recensé date du 2 janvier. Il a également appelé les Français à se rendre au salon pour soutenir l’agriculture, malgré l’absence de bovins qui pourrait réduire l’attractivité de l’évènement auprès du grand public.
C’est aussi en partie à cause de la stratégie d’abattage total que la colère de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne a été exacerbée après l’été. Les deux syndicats avaient indiqué avant le salon boycotter l’ouverture et le traditionnel petit-déjeuner entre le président et les différents syndicats.
Boycott et divergences syndicales
« On boycottera l’ensemble des rendez-vous avec le président de la République, on n’a pas envie de le sauver de cette situation de crise dont il est clairement responsable avec l’ensemble du gouvernement », a ainsi rappelé Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, dont l’organisation a en effet refusé les différents formats de rencontre proposés par l’Élysée.
La Coordination rurale, qui avait elle aussi prévu de boycotter la visite présidentielle, a finalement accepté une rencontre bilatérale. « On voulait une rencontre entre tous les syndicats et lui », pour discuter de solutions communes afin de sauver l’agriculture, a expliqué son président Bertrand Venteau. Le président aurait en revanche promis une réunion sous ce format, à l’Élysée, dans les prochaines semaines. La Coordination rurale s’agace également du calendrier de la loi d’urgence, trop lent à son goût (le passage au Sénat est prévu en juin, mais les députés pourraient ne l’examiner qu’après l’été).
D’autres représentants du syndicat ont tenté d’interpeller Emmanuel Macron pour alerter une nouvelle fois sur la crise agricole, et appelé à huer le président sur son passage.
Loi d’urgence, Pac, MACF remis en avant par la FNSEA et JA
Pour Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, l’accent a été mis « sur la question européenne », au cours de cette rencontre « assez courte ». Le syndicat a rappelé l’importance de maintenir un budget Pac conséquent, et son opposition aux accords commerciaux tels qu’ils sont aujourd’hui négociés, qu’il s’agisse du Mercosur ou de l’Australie. Concernant le MACF, « le résultat n’est pas là », a-t-il ajouté, estimant que « le poids de la France doit être exercé » à Bruxelles.
Jeunes agriculteurs a de son côté souhaité « porter un message plus prospectif », à travers les plans et contrats d’avenir que le syndicat pousse dans la loi d’urgence. Son président, Pierrick Horel, estime que le chef de l’État s’est montré « à l’écoute » de leurs différentes propositions, il faut désormais que cela se traduise en actes. « La loi d’urgence, on prend le temps de la construire, mais il faut emmener des sujets phares », a-t-il ajouté, évoquant l’eau, la prédation et les moyens de production.
Alors qu’habituellement, la déambulation du président de la République commence par la visite de la vache égérie, Emmanuel Macron a commencé sa déambulation au stand de la Martinique, région d’où est originaire la vache brahmane Biguine, l’égérie de cette édition, uniquement présente sous forme d’hologramme.