Annie Genevard assure ne pas opposer petites et grandes fermes


AFP le 25/02/2026 à 16:15

La ministre de l'agriculture Annie Genevard a assuré mercredi ne pas opposer les petites fermes aux grandes, mais simplement poser la question de la compétitivité, deux jours après avoir invité à s'interroger sur « la taille critique » des exploitations en France.

« Je n’ai jamais opposé les petites fermes aux grandes. Je n’ai jamais remis en cause le modèle familial », a affirmé Annie Genevard à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement.

Lundi, au Salon de l’agriculture, la ministre s’était interrogée sur la compétitivité des fermes françaises, plus petites que celles des autres pays européens.

Elle a assuré mercredi, devant les députés, avoir rappelé « une réalité économique : nous avons des exploitations de taille intermédiaire qui évoluent dans un marché européen ouvert (…) où les structures, les charges, les normes aussi ne sont pas toujours comparables ». « Et dans certains pays, les exploitations sont plus vastes avec des coûts de production différents. Fermer les yeux sur ces écarts ne rendrait pas service à nos agriculteurs », a-t-elle ajouté.

Il s’agit, selon elle, de « poser la question » et « donner les moyens de rester compétitif », ce qui se traduit par « du revenu » et « la capacité à transmettre » : « Quand il n’y a pas de viabilité économique, vous ne pouvez pas installer et vous le savez bien ».

La ministre de l’agriculture avait appelé lundi à relancer productivité et compétitivité, piliers du « grand réveil alimentaire » lancé en décembre au nom de la souveraineté, et avait invité à s’interroger sur « la taille critique » des exploitations en France.

« J’assume de dire que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, doivent vous amener à poser la question. Peuvent-elles toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes ? En aucun cas il ne s’agit de dire que le modèle familial était caduque. Nous y sommes attachés », avait-elle déclaré.

En France, la taille des exploitations était en 2020 de 69 hectares en moyenne, avec une tendance marquée à l’agrandissement, encore loin des gigantesques surfaces des fermes céréalières ukrainiennes ou américaines.