Annie Genevard annonce 300 M€ supplémentaires face à la crise agricole
TNC le 09/01/2026 à 19:43
Après une semaine de mobilisations agricoles tous syndicats confondus, la ministre de l’agriculture a pris la parole le 9 janvier pour détailler un paquet de mesures destinées à « produire des résultats immédiats » et « apaiser les tensions ».
Le gouvernement parviendra-t-il à calmer la colère agricole ? Si l’approbation de l’accord UE-Mercosur par une majorité d’Etats-membres ce 9 janvier va plutôt encourager de nouvelles manifestations, la ministre de l’agriculture a de son côté développé toute une série de mesures en réponse aux attentes des agriculteurs. Un « effort de plus de 300 M€ », déployés sur le plan conjoncturel mais aussi structurel, a expliqué Annie Genevard.
Sur la DNC, dont le traitement par le gouvernement suscite depuis plusieurs mois la colère de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne notamment, le protocole pour évoluer en cas d’immunité collective, a indiqué la ministre, mais ces évolutions nécessiteront un aval scientifique, notamment pour connaître les conditions et les délais d’obtention de cette immunité collective. Outre les travaux en ce sens, ainsi que la recherche d’un « test de dépistage fiable » pour les animaux sans symptômes, le fonds de soutien de 11 M€ annoncé début décembre sera porté à 22 M€. En parallèle, la ministre veut négocier des laisser-passer avec l’Italie et l’Espagne pour rouvrir les exportations.
Au niveau européen : MACF, mesures miroirs
Au niveau européen, Annie Genevard a salué la possibilité de suspendre prochainement le MACF sur les engrais, de façon rétroactive. La ministre a également souhaité rappeler l’implication de la France concernant le budget de la Pac.
Sur les accords commerciaux, « nous continuerons à exiger des mesures miroirs », qui doivent « devenir un réflexe » pour empêcher les produits contenant des substances interdites dans l’UE de franchir les frontières européennes. Les contrôles sur les produits importés seront intensifiés, a indiqué la ministre.
Des fonds supplémentaires pour les filières
Pour soutenir les filières en difficultés, les mesures prévues pour la viticulture (plan d’arrachage, prêts de consolidation…) seront déployées le plus rapidement possible, et les montants augmentés.
Le plan protéines sera doté de 30 M€ supplémentaires, les grandes cultures de 40 M€, et l’élevage de 20 M€ (dont 11 M€ pour le fonds d’indemnisation déployé face à la DNC).
Libérer les contraintes
Annie Genevard a également promis d’accélérer la signature des décrets de la loi Duplomb-Ménonville : celui concernant la simplification des règles pour les élevages intensifs sera signé « avant la fin du mois », tandis que les textes permettant de recenser les méthodes de lutte contre les nuisibles et végétaux indésirables sera « pris avant le salon ».
Face aux attaques de loup -4000 ayant été recensées en 2025-, le quota de tirs autorisés va augmenter de 10 %.
L’arrêté sur le registre phytosanitaire, qui était prêt à être publié, sera finalement soumis à une nouvelle consultation pour l’améliorer, a par ailleurs indiqué Annie Genevard.
La ministre souhaite aussi « amplifier l’effort » sur la gestion de l’eau, avec un doublement du fonds hydraulique agricole, qui passera de 30 M€ à 60 M€ « une fois le Budget adopté ». Le Gouvernement s’engage également à passer en revue les dossiers en souffrance pour les débloquer, et à alléger le risque pour les porteurs de projet. Il sera notamment possible de se retourner contre ceux qui lancent des recours abusifs.
Enfin, pour « préparer l’avenir », Annie Genevard a essentiellement mis en avant les dispositifs en cours de déploiement, comme les conférences de la souveraineté alimentaire, les Assises du sanitaire, ou encore les rendez-vous de la simplification, qui seront accélérés.
Ces mesures restent en partie soumises à l’adoption du Budget. Et si le déploiement de certaines annonces souffre d’un retard de mise en œuvre, il faut avoir en tête « le risque de la motion de censure, qui transformerait le retard en rien du tout », a de son côté prévenu la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin.