Organisations de producteurs

À la suite de ses assises, France OP Lait fait ses propositions pour la Pac


TNC le 13/11/2020 à 17:28

France OP Lait défend la mise en place d'un complément d'aide de la Pac aux producteurs de lait adhérents d'une OP. (©TNC)

France OP Lait défend la mise en place d'un complément d'aide de la Pac aux producteurs de lait adhérents d'une OP. (©TNC)

France OP lait, qui fédère une vingtaine d’organisations de producteurs, a déposé son « cahier d’acteur » dans le cadre du débat public « Impactons » sur la réforme de la Pac. Le syndicat demande à ce que les programmes opérationnels européens soient ouverts aux OP et AOP laitières même sans transfert de propriété et demande un complément d’aides aux producteurs membres d’une OP.

Dans la continuité de ses assises organisées le 13 octobre dernier à Paris, France OP lait a déposé, son « cahier d’acteurs » dans le cadre du débat public sur la réforme de la Pac, pour livrer ses propositions quant à la mise en œuvre de cette dernière.

Le syndicat, qui fédère une vingtaine d’organisations de producteurs, souhaite avant tout que les programmes opérationnels, déjà mis en œuvre dans le secteur des fruits et légumes et qui seront ouverts à d’autres secteurs comme celui du lait, puissent être souscrits par les organisations de producteurs et les AOP, « même sans transfert de propriété ».

« Ces projets économiques, environnementaux et sociétaux cofinancés dans le cadre de programmes opérationnels sont de nature à accroître la structuration des OP et AOP, à améliorer leur efficacité et à élargir leur champ d’intervention », justifie France OP Lait. « La France doit saisir l’opportunité donnée dans la future Pac d’utiliser une partie de l’enveloppe des aides directes pour financer ces programmes portés par les OP/AOP lait. »

France OP lait y voit « un moyen d’accompagner des changements de pratiques sur les exploitations, de faire valoir des actions partagées, tout en garantissant une utilisation des fonds publics à bon escient ». Le syndicat ne s’oppose pas à ce que ces aides viennent partiellement se substituer « aux aides directes à l’hectare ICHN dont l’aval s’empare actuellement ».

Avec ces programmes opérationnels, il s’agirait ainsi de « réduire la dépendance économique des producteurs qui, souvent, portent seuls les risques pris par leur acheteur sur les marchés ».

LES OP, PRINCIPALES ORGANISATIONS D’ACCOMPAGNEMENT DES PRODUCTEURS

Quant aux aides agri-environnementales et à l’éco-scheme, France OP lait suggère d’attribuer un supplément d’aide aux producteurs membres d’une OP.

Surtout, la prochaine Pac doit, selon le syndicat, davantage garantir l’indépendance des producteurs. « Mandater une OP agréée pour négocier en son nom prix/volumes/cahiers des charges doit servir de critère de référence à l’attribution de tout ou partie des aides du 1er et du 2e pilier. Un critère qui doit s’appliquer équitablement dès lors que le producteur contribue à une démarche collective », argumente l’organisation.

France OP lait demande aussi un accompagnement européen pour la conduite de leurs missions, notamment grâce à des « outils numériques et organisationnels » pour notamment « collecter et analyser des données, fabriquer des indicateurs adaptés, facturer et opérer la montée en gamme ». Cet accompagnement doit être aussi, selon l’organisation, source de motivation pour le renouvellement des générations dans le secteur.

France OP lait rappelle aussi que « seuls les producteurs organisés collectivement dans des OP/AOP peuvent contribuer à prévenir les crises ». Encore faut-il, précise le syndicat, « qu’ils (soient) habilités à activer certains mécanismes relevant, entre autres, de l’aide au plus démunis, du stockage, de la destruction ou de la non-production, de la promotion des produits laitiers ».

Des premières assises pour mettre en lumière ses propositions

Contribuer au débat sur la réforme de la Pac et sa mise en œuvre, c’était bien l’un des objectifs des premières assises que France OP lait avait organisé à la mi-octobre à Paris, en partenariat avec Web-agri et le CER France de Bretagne. L’événement avait réuni tous les acteurs de la filière : représentants du Cniel, des coopératives, industriels privés et producteurs, mais aussi du ministère de l’agriculture et des parlementaires.