Meunerie

« Si les cours montent, il faut répercuter ! »


TNC le 13/09/2021 à 10:00
En 2020, la meunerie française a utilisé 4,9 Mt de blé et commercialisé 3,8 Mt de farine (©Pixabay)

En 2020, la meunerie française a utilisé 4,9 Mt de blé et commercialisé 3,8 Mt de farine (©Pixabay)

Alors que la meunerie française est confrontée à une marge brute « à son plus bas niveau depuis 2013 », le syndicat professionnel des meuniers demande que la hausse des prix des céréales soit répercutée tout au long de la chaîne, jusqu'au consommateur.

En amont de la convention de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF), qui s’est déroulée le 9 septembre 2021 à Bordeaux, son président Jean-François Loiseau s’est exprimé en conférence de presse sur la hausse des prix du blé et les récents propos de Michel-Édouard Leclerc.

Le 27 août sur BFM TV, le PDG de l’enseigne E. Leclerc avait de fait dénoncé « une spéculation sur un manque de disponibilité du blé et du maïs » et prévenu qu’il tenait à ce que les prix au consommateur ne subissent pas de conséquences de cette hausse des coûts.

« Le blé est adossé au marché à terme, il y a de la spéculation… Mais il y a une réalité factuelle : la forte baisse de la production en Amérique du Nord et en Russie, la récolte très hétérogène en Europe et la forte demande », a rappelé Jean-François Loiseau. D’où la « forte montée du prix du blé, qui a pris 30 à 35 % sur un an ». Or « le coût de production d’une tonne de blé, c’est entre 180 et 200 euros selon les années, les régions, la pression climatique… Le prix du marché n’est pas excessif ! ».

Et de marteler : « La grande distribution écrase la production depuis quarante ans… Si les cours montent, il faut répercuter ! »

Au-delà de la hausse des prix des céréales, la meunerie française a fait face ces derniers mois à une augmentation généralisée dans ses différents postes de charges : l’énergie, les emballages, l’acier. « Il y a eu un engouement pour les emballages plastiques pour des raisons de protection sanitaire », note ainsi Jean-François Loiseau. Résultat : à 5,1 %, la marge brute de la meunerie est « en forte baisse » et « à son plus bas niveau depuis 2013 ».

Au terme d’une moisson 2021 « complexe, étalée, hétérogène, avec des problèmes de poids spécifique et de temps de chute de Hagberg », il met l’accent sur le « travail très important » réalisé cette année par les meuniers et les organismes stockeurs : analyse, triage, nettoyage, assemblage, mélange…

Sur l’année civile 2020, le syndicat professionnel note par ailleurs un « recul général sur le marché intérieur » (- 2,2 %), lié à la crise sanitaire qui a occasionné la fermeture des restaurants et des traiteurs, et une hausse de la commercialisation de farine en sachets.

Pour suivre les évolutions des cours des matières premières agricoles, rendez-vous sur les cotations Agri Mutuel.