Reportage chez Guillaume Lasnon (76)

Un diagnostic Cap’2ER et du financement participatif pour mieux communiquer


TNC le 22/02/2021 à 18:37

Guillaume Lasnon est agriculteur près d'Yvetot en Seine-Maritime. La tête dans le guidon entre ses vaches laitières, son atelier d'engraissement et ses cultures, il a tout de même pour objectif d'améliorer ses pratiques et communiquer auprès du grand public. Pour cela, il a réalisé un diagnostic Cap'2ER sur sa ferme et s'est lancé dans le financement participatif.

Guillaume Lasnon s’est installé en 2000 sur l’exploitation familiale à Grémonville en Seine-Maritime. Épaulé de ses deux salariés, il cultive 130 ha et élève 70 vaches laitières et leur suite. Il possède également un atelier d’engraissement d’une centaine de têtes.

L’exploitation de Guillaume Lasnon en quelques chiffres :
3 UMO (Guillaume et 2 salariés)
70 VL
620 000 l de lait (livrés pour Danone)
Un atelier d’engraissement de 100 têtes (taurillons et vaches de réforme)
130 ha de SAU dont 50 ha de SFP

Un élevage jugé assez intensif dans ses pratiques

Bien occupé, l’éleveur n’en oublie pas son objectif d’améliorer ses pratiques. Il y a six mois, il a donc engagé un diagnostic Cap’2ER afin d’évaluer le bilan carbone de son élevage. Et quelle a été sa surprise lorsqu’il fut qualifié d’intensif ! En effet, il est clairement stipulé dans le rapport : « L’empreinte carbone est de 1,04 kg eq CO2/l de lait, ce qui est supérieur au système de référence. »

Empreinte carbone nette des ateliers lait et viande de Guillaume Lasnon (76). (©Cap’2ER)

« J’ai fait trop peu de stocks de carbone sur la ferme », explique Guillaume qui voit un double objectif à faire évoluer ses pratiques : répondre aux attentes sociétales concernant les impacts environnementaux de son élevage, mais aussi améliorer ses performances économiques. « On a forcément à y gagner. Moins de dépenses énergétiques, meilleure efficience… Et puis on nous parle depuis quelques temps des crédits carbone, j’attends de voir ! »

Plus de pâturage pour limiter l’empreinte carbone

Le diagnostic Cap’2ER a mis en évidence différents leviers :

  • l’implantation de couverts végétaux,
  • l’implantation de 6 ha de trèfle,
  • la mise en place de 120 m de haies,
  • l’aménagement du chemin d’accès au pâturage,
  • et l’installation d’un récupérateur de chaleur du tank à lait et d’un modulateur de machine à traite pour diminuer la consommation d’électricité.

« L’ investissement le plus important concerne le chemin. Les vaches pâturent déjà de façon tournante les 10 ha autour de l’exploitation, mais le chemin n’est pas stabilisé. Nous allons le bétonner sur 200 m de long et 2,5 m de large pour distribuer les différentes parcelles. Cela nous permettra d’allonger la période de pâturage et de limiter le salissement des vaches ou encore les boiteries. »

M. Calais, éleveur (50) : « Les chemins : un investissement sur du long terme »

Du financement participatif pour communiquer positivement sur l’agriculture

Et ces changements ont un coût : 24 000 €. Danone s’engage alors à financer le projet à hauteur de 7 500 € dans le cadre de sa démarche bas carbone. Guillaume compte autofinancer 14 500 € et il a lancé une demande de financement participatif à hauteur de 2 000 €.

Pour l’occasion, il a réalisé une vidéo de présentation de son exploitation et de son projet :

Guillaume explique : « Ce n’est certes pas une grosse somme par rapport au montant total, mais l’objectif de ma démarche est surtout de communiquer auprès du grand public et de véhiculer une bonne image de l’agriculture. En mettant en évidence notre volonté de changer les pratiques, les consommateurs constateront que les agriculteurs français travaillent bien. »

Il a d’ailleurs à cœur d’échanger sur son métier. C’est pour cette raison qu’il promet des contre-parties aux participants, notamment des visites de son exploitation en repartant bien sûr avec des produits locaux. Et Guillaume encourage ses collègues à se lancer à leur tour : « Si un maximum de producteurs se mettaient à communiquer sur leur métier, les gens retiendraient plus de choses positives de notre travail. » Il prévoit même de créer, en collaboration avec la laiterie, un guide pratique à destination des éleveurs pour monter un projet de financement participatif.