Les coupes rases dans les forêts françaises encore trop importantes, alerte une ONG


AFP le 25/02/2026 à 14:45

Les coupes rases dans les forêts françaises semblent reculer mais demeurent trop importantes et trop concentrées pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques, dénonce mercredi un rapport de l'ONG Canopée.

Après analyse d’images satellitaires, l’association estime qu’entre mi-2018 et mi-2024, environ 61 000 hectares de forêt font l’objet chaque année de coupes rases, soit « l’abattage de la totalité des arbres d’une parcelle ». Un chiffre en adéquation avec le dernier observatoire des forêts de l’Institut national de l’information géographique et forestière (62 000 ha par an de coupes rases).

Beaucoup de ces coupes sont liées à l’exploitation forestière, mais elles comprennent également les coupes sanitaires (arbres malades à la suite d’invasions de parasites) ou pour planter de nouvelles essences plus adaptées au changement climatique.

Sur les six dernières années, ces coupes apparaissent en baisse de 27 %, mais il pourrait s’agir d’une baisse en trompe-l’oeil, prévient Canopée : un simple retour à la normale après un pic en 2018-2019 lié à la crise des scolytes (un insecte qui parasite notamment les épicéas), qui avait entraîné des coupes massives d’arbres infectés.

L’association estime que le ratio entre la surface totale des coupes rases depuis mi-2018 et la surface forestière totale du pays est de 2,1 %.

« Cela peut sembler peu, mais en fait cette moyenne nationale cache de fortes disparités selon les régions », a souligné mercredi lors d’une table-ronde Céline Lesot, écologue et chargée de campagne forêt, climat et biodiversité au sein de Canopée.

Les forêts, le deuxième puits de carbone de la planète

Ainsi 60 % des coupes rases sont concentrés en Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne Franche Comté et dans le Grand Est, créant de fortes pressions locales, a-t-elle expliqué citant l’exemple du Morvan.

« Ces coupes restent trop élevées et créent par ailleurs des effets cumulatifs préoccupants » sur les paysages, la biodiversité, les sols, mais surtout sur le stockage du carbone, élément important dans la régulation du réchauffement climatique, relève Mme Lesot.

Les forêts constituent le deuxième puits de carbone de la planète après les océans. Or, les coupes rases entraînent « un déstockage immédiat du carbone contenu dans la biomasse » des arbres, mais aussi des sols forestiers.

Environ 11 millions de tonnes de CO2 ont ainsi été relâchés dans l’atmosphère chaque année entre mi-2018 et mi-2024 du fait des coupes rases, estime le rapport.

Un chiffre « comparable au déficit observé dans l’absorption des puits naturels de carbone en France », pourtant essentiels dans l’atteinte des objectifs climatiques du pays, note Mme Lesot.