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Arrêté anti-phytos

Dans le Médoc, la commune de Parempuyre maintient son arrêté


AFP le 26/10/2019 à 09:52

La maire de Parempuyre, dans le Médoc, a maintenu vendredi son arrêté interdisant les produits phytosanitaires sur sa commune, alors que la préfecture de Gironde vient de lui demander de le retirer, a appris l'AFP auprès de l'élue socialiste.

« Je ne retire pas mon arrêté malgré la demande de Mme la Préfète. Il est urgent que l’État prenne des mesures pour protéger les populations tout en accompagnant les agriculteurs pour une conversion au bio », a justifié Béatrice de François sur son compte Twitter. La préfecture a désormais la possibilité d’attaquer l’arrêté devant le tribunal administratif.

Le 11 octobre, la préfecture de Gironde lui avait en effet demandé de le retirer au motif que l’interdiction des produits phytopharmaceutiques n’est pas de la compétence d’un maire. « Les mesures concernant l’utilisation et la détention de ces produits » relèvent des ministres de l’agriculture, de la santé, de l’environnement et de la consommation et non pas du maire, écrit la préfète Fabienne Buccio dans son courrier consulté par l’AFP. « Si le maire est bien responsable de l’ordre public sur son territoire (…) il ne saurait en aucun cas s’immiscer dans l’exercice de cette police spéciale », ajoute-t-elle.

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Le 21 août, la maire de cette commune péri-urbaine de quelque 8 200 habitants, au nord de Bordeaux, a interdit « formellement » les produits phytopharmaceutiques « à moins de 100 mètres de toute habitation ou espace public ». Une interdiction visant les agriculteurs et viticulteurs ainsi que les bailleurs qui utilisent des produits phytos pour l’entretien des espaces verts communs. D’après l’arrêté consulté par l’AFP, de « nombreuses habitations et espaces publics » se situent à moins de 20 mètres d’exploitations agricoles utilisant des produits phytos. « Je constate qu’à ce jour aucune réglementation n’a été édictée par l’État permettant d’assurer la protection des populations vulnérables, et parmi celles-ci, les riverains, comme l’exige le Conseil d’État », a répondu la maire à la préfète dans un courrier publié sur Instagram. Cet été, plusieurs élus ont rejoint la fronde contre les phytos accentuée par la médiatisation du combat du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) Daniel Cueff, dont l’arrêté a été annulé vendredi par le tribunal administratif. En janvier, la maire de Parempuyre avait pris un premier arrêté qui s’appliquait à tout le territoire de la commune. L’élue l’avait retiré, à la demande de la préfecture.

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