Bio : encore trop de professionnels trichent, constate la Répression des Fraudes


AFP le 01/10/2026 à 09:50

Champignons conventionnels mélangés avec des bio ou encore fausse viande bio en supermarché : plus d’un professionnel du bio sur sept contrôlé en 2024 et 2025 a été épinglé par la Répression des fraudes, a détaillé mercredi cette dernière.

Ces 15,5 % de professionnels sur plus de 4 800 contrôlés ont fait l’objet d’injonctions de mise en conformité ou, dans le pire des cas, d’amendes et de procès-verbaux transmis au parquet. Ce taux ne reflète toutefois pas l’état de l’ensemble du marché, a prévenu la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), étant donné que ces contrôles s’appuient sur un ciblage préalable.

L’administration cite en exemple un producteur de champignons qui vendait en toute connaissance de cause, en plus de sa propre production certifiée bio, plusieurs tonnes de champignons d’agriculture conventionnelle achetés auprès d’un grossiste, le tout sous l’étiquette bio.

La Répression des fraudes a également relevé le cas d’un supermarché dont le rayon boucherie présentait une mention « viande bovine bio, le pouvoir d’acheter français », alors qu’aucune barquette vendue n’était bio et que seule la moitié de la viande était d’origine française.

Beaucoup de contrôles ont mis au jour des professionnels vendant du bio sans être certifiés ou déclarés auprès de l’Agence bio.

Des fraudes aussi dans les cantines

La DGCCRF s’est également intéressée aux cantines, qui doivent, depuis une loi de 2018, mettre à la carte au moins 50 % de produits labellisés, dont 20 % de bio ; en 2024, elles étaient encore loin du compte (11,8 % de bio), selon le ministère de l’agriculture. En épluchant deux semaines de menus d’une cantine municipale, les enquêteurs ont constaté qu’un quart des plats présentés comme bio ne l’étaient pas. Dans d’autres cantines, le signalement d’un salarié a révélé l’utilisation frauduleuse du label bio pour le pain servi et le fournisseur a été sanctionné de 60 000 euros.

Face aux professionnels de bonne foi, la DGCCRF indique avoir fait preuve avant tout de pédagogie, notamment auprès d’un petit fabricant de « confiture châtaigne vanille bio » qui a été invité à corriger son étiquette après qu’il a été constaté qu’un seul de ses ingrédients était bio.

Parce qu’ils sont généralement vendus plus cher, les produits bio présentent « un risque de fraude important », souligne la Répression des Fraudes. Le marché est reparti à la hausse (+ 3,6 % en 2025 selon l’Agence bio) après plusieurs années en demi-teinte.