Points de vue d'Académiciens

« Bien-être animal » : attention aux malentendus


Barbara Dufour, Jeanne Grosclaude, Gilbert Jolivet et Gérard Maisse (AAF) le 29/11/2018 à 16:23
La réponse des cultures à l'azote est analysée en fonction de la demande en azote des plantes pour réaliser leur croissance maximale. La teneur en ...

La réponse des cultures à l'azote est analysée en fonction de la demande en azote des plantes pour réaliser leur croissance maximale. La teneur en ...

Proches du monde agricole par leurs expériences professionnelles respectives, des membres de l'Académie d'Agriculture de France ont estimé à la fois légitime et important de réagir quand, ce qu'ils considèrent comme des malentendus, peuvent réactiver les controverses sur le "bien-être animal".

Les controverses sont alimentées dans la société par deux visions critiques bien différentes : le « welfarisme », majoritaire, qui oeuvre en faveur de l’amélioration des conditions de vie des animaux d’élevage sans remettre en cause leur utilisation au profit de l’homme; et le « véganisme », vision radicale abolitionniste.

La question du statut moral des animaux par rapport à l’homme intéresse les philosophes depuis des temps très anciens. Le véganisme s’inscrit dans un nouveau courant de pensée, « l’antispécisme », qui préconise « l’égale considération des intérêts » de tous les êtres vivants.

Un des points les plus sensibles dans l’opinion publique vis-à-vis des systèmes d’élevage est centré sur les conditions de vie et de mise à mort des animaux destinés à l’alimentation humaine. Mais une partie apparemment croissante de la société ne se satisfait plus de la seule bientraitance en élevage et entend imposer l’idée que les animaux aient un « droit au bien-être ».

La définition retenue par l’Anses du « bien-être animal » est la suivante : « le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

Très synthétique et par conséquent très ambitieuse, cette définition appelle des remarques de la part des Académiciens. Le bien-être des animaux d’élevage doit être perçu en considérant le mode et le type d’élevage actuels et non pas à travers une référence à un état sauvage imaginé, parfois disparu, étranger à ces animaux sélectionnés. L’introduction de la notion « d’attentes » dans la définition du bien-être animal pose d’autant plus problème dans une perspective de progrès des conditions d’élevage qu’il est précisé qu’elle « est encore difficile à cerner en pratique ».

Les Académiciens considèrent ainsi cette définition comme une conclusion d’étape n’intégrant pas l’approche des éleveurs et ne pouvant tenir lieu de socle définitif à la définition du bien-être animal.

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