Bovins viande

Une production et des abattages en recul sur 2019


TNC le 08/11/2019 à 19:11
Les abattages de bovins sont en recul en 2019. (©TNC)

Les abattages de bovins sont en recul en 2019. (©TNC)

En septembre 2019, les abattages totaux de bovins sont en baisse, selon le service de la statistique et de la prospective du ministère de l'agriculture, Agreste. La production de bovins finis est également en recul, surtout pour les gros bovins mâles. La sécheresse a impacté négativement les exportations de broutards en août, qui restent malgré tout supérieurs sur le cumul depuis début 2019 comparé à 2018. La baisse de la demande a apporté de la pression sur les prix. Les cours des jeunes bovins ont pu quant à eux profiter des conséquences d’une offre limitée dans les exploitations. Le déficit du commerce extérieur de la viande bovine se dégrade de nouveau.

Agreste a communiqué les résultats pour les neuf premiers mois de 2019 pour la production, l’abattage, les prix ainsi que les échanges commerciaux, pour les différentes catégories de bovins.

La production de bovins finis, à 358 703 têtes, est en recul de 2,2 % en août 2019 comparé à 2018. La baisse est la plus forte pour les gros bovins mâles (- 7,8 %). Seule la production de veaux de boucherie progresse (+ 2,1 %).

En France, la production de bovins finis est à 359 000 têtes en août 2019. (©Agreste)

Des abattages stables pour les vaches allaitantes

Pour le mois de septembre 2019, les abattages de bovins continuent d’être inférieurs comparés à la même période en 2018, d’après Agreste. Ils sont en retard de 2,6 % en têtes (392 703 têtes) et de 1,9 % en poids (1 095 141 téc) en France, par rapport à septembre 2018. Sur le cumul de janvier à septembre 2019, la baisse est de 2,2 % en têtes (3 392 387 têtes), et 2,4 % en poids (1 069 178 téc).

La tendance baissière est valable pour toutes les catégories de bovins, à l’exception des  vaches allaitantes, pour lesquelles les abattages restent stables sur un an, avec même une très légère progression de 0,3 % comparé à 2018, avec 66 409 têtes. En termes de poids, ils sont également en hausse, à 27 269 téc, soit + 1,3 %.

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Ce sont les abattages de vaches laitières qui connaissent la plus forte diminution, avec 76 000 têtes, ce qui représente – 5,3 % par rapport à l’année précédente. Les abattages de mâles de 8 à 24 mois baissent eux aussi de manière conséquente, avec – 4,3 % comparé à 2018, à 75 094 têtes. Quant aux abattages de veaux de boucherie, ils sont en repli de 1,6 %, avec 105 269 têtes.

3 392 387 têtes ont été abattues entre janvier et septembre 2019. (©Agreste)

La canicule a fait baisser les exportations de broutards

Avec 73 658 têtes, les exportations de broutards sont en recul de 11 % en août 2019, comparé à l’année dernière. La baisse est la plus forte pour les broutards légers (- 27 %), tandis qu’elle est plus modérée pour les bovins mâles de plus de 300 kg (- 11 %). La sécheresse cet été a engendré une baisse de la demande en provenance des engraisseurs italiens, qui a eu pour conséquence une diminution de 8 % des achats de bovins mâles français en août 2019 par rapport à l’année précédente. En Espagne, la demande en broutard légers continue de décroître, avec – 34 % sur un an.

Cumulées de janvier à août 2019, les exportations totales de broutards sont supérieures de 1,1 % au niveau de 2018. Sur la même période, la demande italienne a progressé de 2,5 % tandis que les ventes vers l’Espagne ont baissé de 11,4 %.

«  Malgré l’offre d’animaux limitée dans les exploitations, la baisse de la demande à l’export pèse sur les cours », explique Agreste. « En septembre 2019, à 2,83 €/kg vif, le cours moyen du broutard Charolais de 6 à 12 mois est inférieur de 0,9 % au niveau de 2018 et dépasse de 2,4 % la moyenne quinquennale . »

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Le cours des jeunes bovins profite d’une offre limitée

Les cours suivent leur baisse saisonnière pour les vaches de type « O », avec un cours moyen à 3,20 €/kg carcasse, inférieur de 2,9 % sur un an. Pour les vaches de type « R », le recul est plus modéré, avec – 0,5 % comparé à 2018.

Concernant les jeunes bovins, l’offre limitée dans les exploitations est bénéfique aux prix et a permis un redressement. Le cours moyen, à 3,76 €/kg carcasse, est en hausse de 1,1 % comparé à 2018.

Le cours moyen des veaux de boucherie est entrée dans sa période de hausse saisonnière, en s’établissant  à 5,11 €/kg carcasse. Il reste cependant bien en dessous du niveau de l’année dernière (- 7,8 %) et de la moyenne quinquennale (- 8 %).

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Le commerce extérieur de viande bovine se dégrade de nouveau

Le déficit du commerce extérieur de la viande bovine s’est creusé de 1 700 téc sur un an, pour atteindre 7 300 téc en 2019. Il est monté à plus de 17 000 téc en cumulé de janvier à août 2019.

Les importations de viande bovine, à 25 607 téc, baissent de 0,9 % en août 2019 comparé à l’année précédente. Les achats diminuent en provenance d’Allemagne (- 11 %) tandis qu’ils progressent en Irlande (+ 18 %) et aux Pays-Bas (+ 3, 4 %), ce qui permet en partie de compenser le déficit allemand.

En cumul sur les huit premiers mois de l’année, les importations sont en hausse de 3,2 % par rapport à 2018.

Quant aux exportations, à 18 303 téc en août 2019, elles sont en recul de 9,5 % cette année. C’est en Italie que la baisse est la plus marquée (12 %), suivie de la Grèce (9 %) et de l’Allemagne (7 %).

Pour conclure, Agreste explique que « la consommation apparente de viande bovine est en repli (- 1,1 %) sur un an ».

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Les exportations de viande bovine sont en baisse de 6,6 % en volume sur un an (©Douanes / Agreste)